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Edito

Lubrifier les rouages intergénérationnels

Les années 80 tenaient en considération les ronéotypes et autres stencils. C’était aussi l’époque où l’on envisageait peine la possibilité d’un téléphone qui pût tenir dans le creux d’une main d’homme. Nous sommes aux portes de 2020. Moins d’un demi-siècle après, des photocopieurs d’une incroyable puissance ont effacé de bien des mémoires ces machines à polycopier nos devoirs de classes et supports de cours. Les téléphones fixes existent encore. Mais leur usage se raréfie. A chaque génération ses gadgets, ses appareils. Les temps ont changé, quelques générations se sont succédées. Le trentième numéro de votre RH Mag vient de paraître.Trente numéros, c’est, rétrospectivement,une succession de visages. C’est aussidiverses écoles de gestion des hommes.C’est aussi un dialogue intergénérationnel.En effet, au fil des numéros et des ans,RH Mag a offert ses pages à de grandsmanagers de Côte d’Ivoire et d’ailleurs. Desexpériences variées ont été rapportées.Des confidences ont été enregistrées pourservir à la postérité. Ces grands momentsd’échanges et de formations ne pouvaientsubir l’outrage de l’oubli. Alors, au tournant de son histoire que constitue le présent numéro, la rédaction de RH Mag s’impose un devoir de mémoire. 

Au moment où votre magazine était porté sur les fonts baptismaux, Georges N’dia Coffi, feu Yves Roland, Viviane Zunon Kipré, pour ne citer qu’eux, tenaient le haut du pavé de la GRH sinon en Afrique de l’ouest, du moins en Côte d’Ivoire. Personnalités formées à l’aube des indépendances africaines, ces hommes, ces femmes avaient pour première ambition de prendre le relais de l’administration européenne qui présidait aux destinées du continent africain. Ce qu’ils avaient à prouver relevait d’une équation à maintes inconnues: comment succéder sans détruire les meilleurs aspects de l’héritage, comment assurer le devenir de nations tout juste sorties du giron colonial? Et puis, de quelle façon préparer leur propre succession? A quelles difficultés les jours de ces anciens étaient-ils assujettis? Quelles joies ont marqué leurs parcours? Bref, comment les premières générations de GRH ont tenu le pari d’assurer une transition heureuse au management des ressources humaines sous nos tropiques?

Aujourd’hui, les DRH s’envisagent comme des HRBP. C’est donc déjà dire qu’il y a une vraie révolution conceptuelle du métier.  Les enjeux ont changé. Les outils sont plus performants. L’efficacité est supplantée par l’efficience. Mais la finalité reste la même: assurer à la ressource humaine les meilleures conditions pour d’éclatants succès. Alors il peut être utile de tirer parti de l’expérience des aînés afin d’envisager sereinement la construction de l’avenir. Ces devanciers, c’est une chance inouïe, ont laissé des traces de leur passage. Ils avaient compris la nécessaire lubrification des rouages intergénérationnels. C’est ainsi qu’est assurée la pérennisation de nos organisations. Chaque époque voit des génies à l’œuvre. Ceux-ci passent. Ils prennent soin de confier à ceux qui les suivent de quoi progresser davantage. Hier les ronéotypes. Aujourd’hui les photocopieurs. Et demain?

La question se pose en ce moment de la gestion des générations x, y et z. Quel capital recevront-elles? Voici autant de réflexions qui n’ont pas échappé aux managers que ce numéro 30 de RH Mag veut honorer. Ils ont assimilé les leçons du passé. Ils ont assumé leur présent. Ils se sont projetés dans le futur dont ils ont travaillé à poser les jalons. L’usure des ans, d’ailleurs, n’a quasiment rien ôté à la pertinence de leurs idées que nous vous offrons de nouveau. Bonne (re)lecture! 

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