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Mme Agnès Kraidy Journaliste et écrivaine, La “gendérisation’’ du modèle managérial de MZK

Agnès Kraidy, faisant l’état des lieux des “pratiques discriminatoires qui maintiennent les femmes dans une situation de vulnérabilité’,’ rappelle qu’en Côte d’Ivoire, 75% des femmes rurales vivent en dessous du seuil de pauvreté et que certains facteurs socioculturels perpétuent des traditions préjudiciables aux filles et aux femmes. De sorte que selon la journaliste, en dépit de la mise en place d’un Ministère de la Solidarité, de la famille, de la  femme et de l’enfant, d’une Direction de l’Egalité et du genre, etc, la Côte d’Ivoire occupe le 136ème  rang de l’indice d’inégalité de genre, selon le classement du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) en 2011 : « S’il existe presqu’une égalité de droit entre les hommes et les femmes, il n’est pas accordé de place dans la mise en œuvre des politiques nationales d’intérêt à la question du genre et de l’autonomisation de la femme », explique-t-elle. Cependant, une fois ce décor planté, Agnès Kraidy s’est attelée à relever l’exception qui confirme la règle à travers le  modèle de management de Marcel Zadi Kessy

MZK comme Confucius : progressiste et féministe d’avant garde Mettant sur le même piédestal le philosophe chinois de VIème siècles avant Jésus Christ et le manager ivoirien du 21ème, Agnès Kraidy explique qu’ils ont un point commun : la femme. « Tous les deux, l’un de nombreux siècles en arrière, et l’autre les siècles derniers et présents, ont compris qu’aucune société ne peut se construire, se développer, se moderniser, évoluer, aller de l’avant sans la femme. Tous les deux ont en partage, malgré les larges écarts du temps qui les séparent, la dualité du monde. Le chaud n’est chaud que comparativement au froid. Il en est de même de la nuit et du jour ; du bien et du mal ; de la vie et de la mort…Tout est dualité. Et la vie ne peut se concevoir que dans la prise en compte de cette dualité. La société humaine est composée de femmes et d’hommes, de filles et de garçons. Et c’est ensemble, dans la reconnaissance de leurs différences et dans l’altérité qu’ils construisent le monde», fait-elle savoir, illustrant l’engagement des deux hommes par cette pensée de Confucius : « La société humaine ressemble à un oiseau avec ses deux ailes : l’une masculine et l’autre féminine. Il ne peut voler que si les deux ailes sont développées de manière égale ».   Une fois cela dit, Agnès Kraidy rappelle comment «  dans une approche genrée  », Marcel Zadi Kessy décide, en tenant compte des spécificités des femmes, de leur confier tous les postes où l’on manipule de l’argent et où l’on gère du matériel.

CIE et SODECI: un laboratoire de “l’approche genrée’’ de MZK Sortant des sentiers battus, MZK a remis la femme au centre du jeu. Rompant avec l’habitude des paroles creuses, non suivies d’effet, le manager  a transformé en actes les idées véhiculées dans son ouvrage “Culture africaine et gestion de l’entreprise moderne” , s’appuyant sur les vertus connues et reconnues de la femme comme le “sens de la propreté, du rangement et de la probité’.’ Pour Marcel Zadi Kessy, il ne s’agit pas  de féminiser les postes. Il est plutôt question d’intégrer à sa politique managériale une approche genre, c’est-à-dire prendre en compte les rôles socialement construits qui font la différence entre les femmes et les hommes tant dans la vie publique que privée. « L’approche genre ne se réduit pas à la prise en compte de la situation des femmes, mais à analyser la réalité, les besoins, les attentes, les aspirations des femmes et des hommes. L’approche genre intègre donc les dynamiques sociales dans lesquelles se situent les femmes et les hommes. Car elle étudie les rôles, les statuts et les stéréotypes attribués à chaque sexe…L’approche genre vise l’implication complémentaire et égale des femmes et des hommes dans toutes les problématiques du développement  », rappelle d’ailleurs et à juste titre la journaliste. Pour Agnès Kraidy, cette approche constitue le fondement même de l’action managériale de MZK qui a vite fait de passer de la théorie à la pratique. «En 1990, à la privatisation de l’EECI, la CIE hérite d’un effectif de travailleurs ayant des contrats à durée indéterminée de 3108 personnes dont 411 femmes. Un taux de féminisation de 12%. En mai 2015, sur un effectif total de 4295 travailleurs, on dénombre 1081 femmes, soit un taux de féminisation de 25%. Les détails sont plus parlants. En effet, de 1990 à 2015, ce sont 1187 nouveaux travailleurs qui ont été recutés dont 670 femmes et 517 hommes. Sur cette période, le taux de féminisation est estimé à 56%. Le mouvement s’étend au niveau des équipes dirigeantes : sur 39 directeurs, on dénombre 10 femmes. Parmi les 93 directeurs régionaux, d’usine et sousdirecteurs, on compte 25 femmes. Parmi les 82 chefs de service, il y a 25 femmes », fait savoir Agnès Kraidy. Elle continue en mettant à jour la parfaite égalité homme et femme créée par MZK aux postes qui touchent au recouvrement, à la gestion des stocks et au commercial. Responsables sociales (22 hommes/22 femmes)  ; responsables administratifs (13 hommes /13 femmes)  ; responsables des gestions des ressources humaines (31/31)  ; responsables de la gestion des stocks (40/40) ; chefs clientèles (20/20)  ; agents de recouvrement (9/9)  ; agents  commerciaux (163/163) ; caisses (101/101).

Un modèle à promouvoir «  Marcel Zadi Kessy a su combattre les “systèmes permanents et implicites de pensée’’ », affirme Agnès Kraidy. Pour elle, le modèle MZK doit être expérimenté et éprouvé dans toutes les entreprises et autres organisations. Pourquoi promouvoir le modèle MZK ? « Parce que toute société a besoin de référents éprouvés. Et aussi parce que toute société est construite par la famille, socle fondateur de la communauté humaine. Pour lui, la famille est la version miniature de l’entreprise  dans laquelle la femme et l’homme, coresponsables, participent en commun et ensemble, à lui garantir vitalité  », soutient Agnès Kraidy. D’ailleurs, tout en encourageant vivement la lecture et la relecture de Culture africaine et gestion de l’entreprise moderne, la journaliste  et  féministe appelle la pensée de MZK à  « emprunter un autre tournant, sortir de l’entreprise, sortir de Yacolidabouo, pour investir la cité, toutes les contrées du pays ». 

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