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Tous GRH

M. Roger Adom, Directeur des systèmes d’informations (DSI) Banque Africaine de Développement (BAD)

Le Directeur métier d’une entreprise est le 1er responsable de son équipe et non le DRH

Il totalise 29 ans d’expérience professionnelle dont une bonne partie dans la société française de télécommunication Orange (Orange CI et Orange Corporate pour l’Afrique et le Moyen-Orient). Depuis 2017, Roger Adom dirige la Direction des systèmes d’informations (DSI) de la Banque Africaine de Développement (BAD). « Tous GRH » l’a contacté… Il nous parle de sa gestion de ces Ressources Humaines et donne quelques repères pour une bonne performance des organisations.

Comment se passe la gestion des hommes au niveau de votre direction ?

J’ai un staff d’environ 130 personnes à la BAD. Mais j’ai aussi des ressources externes notamment des consultants ce qui fait que j’ai une équipe globale de 270 personnes. J’ai une équipe internationale puisque j’ai des collaborateurs en dehors d’Abidjan. En termes de gestion, il y’a différents strates, directeur, chefs de divisions, et des chefs d’équipes. Il y a des réunions hebdomadaires avec des chefs de divisions qu’on appelle les CMT, le comité de management avec le directeur (moi) et les chefs de division. Nous étions cinq (5) ou six (6) personnes au départ puis nous avons ouvert la réunion aux chefs d’équipes et à des personnes talentueuses qui ont des compétences particulières. Notre comité de management peut donc compter aujourd’hui une quinzaine de personnes, ensemble nous collaborons parfaitement.

Je suis un adepte du management participatif, j’aime bien écouter l’avis de mes collaborateurs. Et à ce stade, j’attache de l’importance à deux (2) étapes : la réflexion avant la décision et la prise de décision. Je suis très démocrate dans la prise de décision ; en phase de réflexion, j’accepte tous les avis, on fait du brainstorming, on partage les idées parce que pour moi, il n’y pas de mauvaises idées. Mais une fois la décision est prise, elle s’applique à tout le monde et il faut qu’elle soit appliquée. Je suis très ouvert dans mon management et c’est pourquoi je demande à mes collaborateurs de me tutoyer et de m’appeler par mon prénom comme je le fais en leur endroit.

Avez-vous certainement des contacts avec la Direction des Ressources Humaines (DRH) dans le cadre de votre activité. Ces contacts sont-ils réguliers ou occasionnels ?

Nous avons besoins de la DRH pour de nombreuses raisons. Déjà en tant que DSI, c’est nous qui leur fournissons les outils de performance de leur personnel et de leur service. Maintenant après, nous allons vers elle pour faire des recrutements par le biais de fiches de postes, les évaluations qui sont également de leur ressort en collaboration avec les différents services de l’organisation. Chez nous à la BAD, elle nous affecte ce qu’elle appelle des Business Partner qui travaillent pour la DRH mais nous aident à pouvoir gérer les ressources. Ce qui fait que notre collaboration est très étroite et nos rencontres se font généralement à la demande par intervalle de temps régulier. Nous travaillons au quotidien ensemble.

Dans les faits, il faut dire que nous avons un Master Data qui contient toutes les données du personnel. Avec cet outil, j’ai toutes les informations que pourrais me donner les RH. La DSI dispose également d’une hotline appelé le HR direct qui nous permet d’envoyer un email direct chez le HR Manager (DRH) en cas de besoin. C’est des outils digitaux qui nous permettent d’être toujours en contact et de travailler à la performance de notre organisation. Et c’est nous, DSI, qui leur fournissons des systèmes digitaux RH pour leur permettre de tout automatiser et de mieux travailler.

Globalement quel est votre jugement sur vos rapports avec la Direction des Ressources Humaines ?

La fonction des Ressources Humaines est toujours ingrate. Pourquoi ? Parce que quand le personnel a la moindre plainte, il accuse la DRH. À mon sens, c’est une direction qui souffre à chaque fois que le personnel est mécontent. Et nous à la DSI de la Banque Africaine de Développement, nous sommes heureux de leur fournir des outils pour leur faciliter tâche, notamment dans leur rapport avec le personnel. Et leur tour, il nous le rendre bien… Nos rapports sont très excellents. Nous sommes amenés à collaborer, à nous de faire que cela se passe dans les meilleures conditions. Et chacun fait de son mieux pour que ce soit parfait, cela y va de l’épanouissement des collaborateurs et de la performance de l’organisation.

Peut-on vous considérer comme un Gestionnaire des Ressources Humaines ?

Pour moi, tout manager est un GRH. La DRH donne des outils et des règles mais le DRH ici, ne voit pas mes équipes au quotidien. C’est donc à moi, en tant que DSI et manager de créer un climat propice. Un directeur métier dans une organisation gère la carrière des membres de son équipe, celui qui décide de les former, de les faire évoluer ou pas en d’autres termes, il est le premier responsable de son équipe et non le DRH. Si cette équipe échoue, c’est avant tout de sa responsabilité plutôt que celle du DRH ; il n’aura pas su la gérer et la diriger ! A ce titre, je considère qu’il est également un GRH. Il ne faut pas oublier que nous gérons tous les hommes.

Et pour finir, je dirais qu’une entreprise est basé sur trois (3) piliers : les processus, la technologie et les hommes. Avoir des hommes, la ressource humaine donc, compétents, est la clef du succès de l’entreprise, c’est le facteur X, l’élément le plus important, le plus déterminant des trois (3) piliers. Sans la ressource humaine (compétente), les processus et la technologie ne sont rien !

 

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