CHRONIQUE

Le temps ne se rattrape pas… Arrêtons d’en perdre !

Fanta Traore-Ginzburg
(DG EMPOWER TALENTS & CARREERS)

Imaginez que nous devions changer l’image des entreprises Ivoiriennes à l’extérieur du pays pour favoriser les investissements et jouer d’égal à égal avec les multinationales étrangères.

Changer la perception que nous avons d’une entreprise n’est pas une mince affaire. Il s’agit d’un véritable challenge dans le contexte économique actuel. Aujourd’hui, les entreprises Ivoiriennes souffrent d’un déficit d’image et d’un manque de crédibilité sur la place internationale. Mais combien de pays, qui aujourd’hui connaissent de fortes croissances, n’ont pas subi ces freins à leur développement. La Corée du Sud, Singapour, la Malaisie et d’autres encore ont su tirer parti de leur ressources humaines.

Aujourd’hui, les entreprises Ivoiriennes souffrent d’un déficit d’image et d’un manque de crédibilité sur la place internationale.

 

Abordons le problème sous deux aspects: le manque de ressources locales qualifiées (m’a-t-on dit…) et le manque de crédibilité des entreprises Ivoiriennes dans les projets de développement et de reconstruction du pays.
Un point commun parmi d’autres : le manque de formation.
Premièrement, l’Etat de la Côte d’Ivoire doit valoriser ses Talents locaux si injustement mis de côté sous prétexte qu’ils ont été sous-formés dans nos écoles.
Nos enfants ne sont pas mauvais. Mais ils doivent suivre des formations pour se mettre au niveau des standards internationaux et avoir des profils plus en adéquation avec les réalités du terrain.
Un des défis majeurs de la Côte d’Ivoire consiste à investir massivement dans la formation des jeunes sachant qu’il y a incontestablement un manque de ressources dans de nombreux secteurs d’activité notamment dans les domaines techniques.

Un des défis majeurs de la Côte d’Ivoire consiste à investir massivement dans la formation des jeunes.

 

Nous ne referons pas l’histoire, nous avons perdu du temps que nous ne rattraperons jamais. Mais allons-nous continuer à en perdre ?
Former c’est capitaliser sur ses forces vives et anticiper pour l’avenir. Mais, agissons-nous suffisamment ?
En interne tout comme sur des projets externes (universités, forums…), les entreprises doivent miser sur la formation pour développer l’efficacité dans la mise en oeuvre des activités. Du plus jeune collaborateur au dirigeant, la formation doit se faire tout au long de la carrière professionnelle.
Les Etats ont une grande part de responsabilité dans la montée en compétence de la population par le biais de politiques plus ambitieuses et téméraires en matière d’éducation.
Considérant le second point, il n’y a pas de sous-entendus. Les dirigeants des entreprises africaines doivent être formés à la bonne gouvernance et aux méthodes de négociation pour s’aligner aux standards internationaux.

La croissance ne se fera qu’avec les Talents locaux et des entreprises Ivoiriennes.

 

Les entreprises Ivoiriennes doivent pouvoir s’appuyer sur des politiques de développement volontariste en termes de formation et d’éducation pour être crédibles à l’intérieur du pays mais aussi dans le monde. La croissance ne se fera qu’avec les Talents locaux et des entreprises Ivoiriennes formés pour être des moteurs incontournables du développement économique et anticiper l’avenir face à l’arrivée des multinationales.