Mme YAMEOGO née KABORE Youby Thérèse PCA de l’Association professionnelle des Systèmes financiers décentralisés du Burkina Faso : Les ressources humaines constituent la cheville ouvrière de toute institution de micro finance

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Madame YAMEOGO née KABORE Youby Thérèse est la présidente de l’Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés du Burkina FASO (APSFD-BF). Dans cette interview, elle présente l’association qu’elle dirige aux lecteurs de IRH Mag et pose par la même occasion le diagnostic du secteur de la micro finance du pays des hommes intègres en matière de RH. ?

IRH Mag :  Parlez-nous de l’Association professionnelle des Systèmes financiers décentralisés du Burkina Faso…

 Mme YAMEOGO : Les expériences d’épargne et /ou de crédit décentralisé existe au Burkina Faso depuis la fin des années1960 et ont pris depuis le début des années 1990 une dimension importante. Après plus de 20 ans d’expérimentation et de construction, la micro finance au

Burkina Faso a connu une expansion rapide et diversifiée. Il s’en est suivi une phase de consolidation et de clarification depuis l’adoption en 1994 d’un cadre légal qui est remplacé actuellement par la loi cadre portant sur la réglementation des systèmes financiers décentralisés qui a été adoptée le 6 avril 2007 par le Conseil des ministres l’UEMOA puis

promulguée le 14 mai 2009. L’association professionnelle des systèmes financiers

décentralisés du Burkina Faso APSFDBF ex Association Professionnelle des Institutions de micro finance du Burkina Faso (APIM-BF) est créée le 28 juin 2002 à la suite de la fusion de

deux associations professionnelles l’Association professionnelle des institutions d’épargne et de crédit (APIDEC) et l’Association des intervenants en micro finance (ASIMIF).

Sa mission est de défendre les intérêts matériels et moraux de la profession et de renforcer la capacité de ses membres en offrant des services de qualité adaptés à leurs besoins L’APSFD a pour objectifs d’assurer la promotion et la défense des intérêts  collectifs des membres  ; favoriser  la coopération entre les membres  ; organiser et assurer la gestion des

services d’intérêts communs en faveur  des membres  ; assurer la formation des membres  ; informer le public sur les activités ou les initiatives prises ou entreprises dans le cadre de sa mission. Avec la loi 023 du 14 mai 2009 qui donne obligation à tout SFD agréé d’adhérer à

l’association, l’APSFD compte, à ce jour, en son sein, 66 membres et elle reste ouverte à l’ensemble des institutions qui remplissent les conditions d’adhésion par la réglementation et par ses statuts.

Quel est votre regard sur la situation des ressources humaines dans les micro finances burkinabè ?

Disons d’abord que la gestion des ressources humaines (GRH) est l’ensemble des pratiques mises en œuvre pour administrer, mobiliser et développer les ressources humaines impliquées dans l’activité d’une organisation . Les ressources humaines remplissent quatre missions essentielles : construire  l’organisation à savoir être le partenaire  de la stratégie de l’entreprise au quotidien (le DRH en tant que business Partner) ; gérer et accompagner le changement (le DRH « maître d’œuvre » des politiques de formation, de développement des compétences) ; administrer le quotidien (le DRH «  gestionnaire  »  : payer, administrer, répondre aux obligations légales, etc.) ; assister les collaborateurs (le DRH « coach »). Toutes ces quatre missions se retrouvent dans la gestion des ressources humaines au niveau des institutions de micro finance même si nous reconnaissons que ces missions ne sont pas remplies comme on le souhaite chez certains de nos membres. Nous en sommes

conscients alors des diagnostics suivis de plans d’actions dans ces structures devraient corriger progressivement cela.

Y a-t-il une différence entre la gestion des RH dans les micro-finances d’une part et dans les banques  d’autre part ?

De notre point de vue, il n’y a pas de différence dans la mesure où nous avons tous les mêmes missions, à savoir offrir des produits et services financiers adaptés aux besoins de notre public cible pour son épanouissement socio économique. Nous sommes juste complémentaires pour une finance inclusive : les grandes institutions financières pour

la finance classique et les SFD pour les exclus du système classique de financement. 

Selon vous, les micro-finances accordent-elles suffisamment de temps et de moyens à l’administration et au développement de leur RH ? Les ressources humaines constituent

la cheville ouvrière de toute institution de micro finance et tout SFD en est conscient.

La gestion des ressources humaines est un processus crucial dans l’évaluation du plan d’action d’une organisation. Elle permet une révision complète des politiques du capital humain au sein d’une organisation et un ajustement de son plan d’action.  C’est tout un

processus qui demande du temps et surtout des moyens. Et les moyens, il faut d’abord les avoir au départ ou les capitaliser au fil du temps pour y répondre.

Quels sont les outils pratiques pour mieux gérer les ressources humaines d’une micro-finance ?

De notre point de vue, les outils pratiques pour mieux gérer les ressources humaines, c’est mettre des hommes qu’il faut à la place qu’il faut et renforcer continuellement leurs capacités par des formations.  Il y a des écoles qui forment des gestionnaires en ressources

humaines, alors on doit recruter ces personnes pour occuper les postes de GRH et, en plus de ces formations académiques qu’ils ont reçus, l’on doit continuer à renforcer leurs capacités par des formations continues car, parfois, il y a un écart entre ce qu’on a reçu à l’école et ce qui passe dans la pratique. ?

                                                                                              Propos recueillis par Arsène Diomandé