EDITO

Place à la Confiance

Ange Tra Bi
(Directeur de Publication RHMAG)

L’effervescence des fêtes de nouvel an est passée. Le monde de l’entreprise rappelle ses ouvriers de la récréation au travail afin qu’ils en retirent profit et joie. A quoi pense un collaborateur le matin, quand il doit se lever pour arpenter les couloirs de l’entreprise qui l’emploie ? Est-il enthousiaste, motivé ? Est-il plutôt rétif, lourd ? Si l’enthousiasme se raréfie, si la démotivation gagne du terrain, il est peut-être temps de réactiver les leviers de la confiance pour améliorer le climat social en entreprise et favoriser, par cela même, un accroissement de la productivité, des performances.

Niall FITZGERALD, ex-président d’un grand groupe industriel nous prévient : « vous pouvez accumuler le fait et les chiffres, toutes les démonstrations en votre faveur, toutes les cautions que vous voulez, mais si vous ne suscitez pas la confiance, vous n’aboutirez à rien ». Mais comment déclencher une dynamique de confiance dans une entreprise largement aux prises avec la concurrence du marché, des priorités diverses dont la plus forte est celle de la performance à outrance ? Deux pistes peuvent être envisagées, à savoir une exigence d’intégrité, une culture de valeurs.L’intégrité veut, en gros qu’on dise ce qu’on va faire et qu’on fasse ce qu’on a dit. Pour fragile qu’elle soit, notre parole nous engage. Parmi les outils qui lui donnent force et vigueur, les actes tiennent une place de choix. Les promesses faites sur des bases objectives attendent des initiatives qui, prises opportunément, sont des facteurs de cohésion et des gages de confiance. Et comme une promesse implique au minimum deux personnes, par une sorte d’effet boule de neige, chacune des parties s’attachera à faire prospérer la relation ainsi enracinée dans un pacte durable. Le bouche-à-oreille se chargera du reste. L’inverse est tout aussi possible, voire plus facile : on est si prompt à la critique dans nos entreprises !

L’intégrité veut, en gros qu’on dise ce qu’on va faire et qu’on fasse ce qu’on a dit. Pour fragile qu’elle soit, notre parole nous engage. Parmi les outils qui lui donnent force et vigueur, les actes tiennent une place de choix.

Il est de plus en plus rare, aujourd’hui, d’entrer dans une entreprise dont les coins ne mentionnent, sur des kakemonos et autres supports, les visions, valeurs et missions. Voici le fondement d’une culture d’entreprise. Une vision, des valeurs, des missions devraient avoir pour vocation première de modeler des façons d’être et de faire. Ainsi serait assurée une cohérence générale susceptible de consolider les bases d’une confiance véritable. Chaque nouvelle recrue, en s’intégrant à l’équipe de l’entreprise, est censée savoir à quoi s’en tenir. Quels sont les usages en cours dans l’entreprise ? Qu’est-ce qui se fait ? A quel niveau se situent les frontières entre le permis, le défendu et le tolérable ? Quand c’est clair, c’est suffisamment fluide pour garantir des relations saines et favoriser une ambiance propice à la performance.

Pour que les résolutions prises en début d’année ne tombent pas, déjà, dans les oubliettes, il y a lieu de passer des voeux aux initiatives. Que chaque collaborateur assume d’être celui par qui le climat social, au sein de l’entreprise, connaîtra une détente profonde. Car le succès de nos entreprises repose aussi et peut-être surtout sur les liens de confiance que nous savons tisser tant avec nos collaborateurs qu’avec nos partenaires