Stanislas Zézé, PDG de Bloomfield Investment Corporation : Les ressources humaines sont au centre de la notation financière

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Parcours prodigieux ! Le modèle de réussite que Zézé Stanislas incarne n’en finit pas de faire des émules. Directeur de programme à l’Institut international de l’économie à Washington DC, Analyste Senior en Charge du control opérationnel et de la gestion de risque pays au Bureau du Vice Président Contrôleur de la Banque mondiale à Washington DC(BM), Analyste Senior en Charge du Risque Pays à la Banque Africaine de Développement (BAD) à Abidjan et Tunis, Directeur régional de Shell Oil Product Africa en charge du risque crédit pour l’Afrique de l’ouest et l’Afrique centrale, l’homme a derrière lui une riche carrière professionnelle dont le prolongement naturelle est la succès story de Bloomfield Investment corporation, la première agence de notation financière d'Afrique francophone qu’il a fondé en 2007. Entretien avec ce diplômé de la prestigieuse école d’Administration et de Gestion de l’université du Michigan (Etats Unis) devenu figure de proue d’un continent qui veut prendre son destin.

Stanislas Zézé, PDG de Bloomfield Investment Corporation.


En bon pragmatique, il vit ses principes. A 8 heures tapantes du matin, heure du rendez-vous pour l’interview, M. Zézé Stanislas est présent pour recevoir l’équipe de IRHMag. Sa vie en Europe et en Amérique, son retour, la notation, la famille…Autant de sujets d’échanges pour au final une interview sans faux fuyants, empreinte de sincérité et de pédagogie.

Stanislas Zézé est un nom bien connu dans les milieux de la finance en Afrique et au delà, notamment de la Notation Financière et de l'intelligence économique. Avant d’en parler dans de plus amples détails, attardons-nous quelque peu sur l’Homme, son parcours académique et professionnel..

 

Je me nomme Stanislas Zézé, PDG de Bloomfield Investment Corporation. J’ai fait le lycée en France. J'ai étudié le droit des affaires à la faculté de Droit et Sciences politiques de l'université de Nantes en France. Je suis diplômé de l'Institut de Science Politique et Economique de Eastern Michigan aux Etats Unis et également Diplômé de la prestigieuse école d'Administration et de Gestion de l’Université de Michigan. L’Ecole d’administration du Michigan est un peu l’équivalent de l’Ecole Nationale d’administration (ENA) en France. Les grandes universités comme Harvard, Michigan, Chicago, Columbia, etc, ont des écoles d’administration comme l’ENA. Quand je suis sorti de cette université, j’ai intégré la National Bank of Detroit comme Directeur des risques. J’étais le plus jeune des directeurs. C’était une expérience assez intéressante. Ensuite, je suis allé à l’Institut international de l’économie comme Directeur de programme à Washington. Là-bas, nous travaillions sur des programmes Développement en Afrique Subsaharienne. Après quoi je suis entré à la Banque Mondiale comme Analyste Senior en Charge du control opérationnel et de la gestion de risque pays au Bureau du Vice Président Contrôleur. Mon rôle était de suivre la mise en application de COSO (système de control interne) à l'intérieur de la Banque Mondiale et de gérer le risque pays des pays bénéficiant des prêts de la Banque. J’y suis resté pendant environ 5 ans puis j’ai décidé de rentré au pays.

J'ai décidé de rentrer en Afrique sur un coup de tête car j'estimais que ma contribution sur le continent serait mieux appréciée et aurait un plus grand impact. Quand je suis revenu en cote d'Ivoire, j'ai rejoint la Banque Africaine de  Développement (BAD) à Abidjan, ensuite à Tunis lorsque l’institution a été délocalisée du fait de la crise de 2002.  A Tunis, j’ai ressenti une sorte de solitude que je ressentais dans mes derniers mois aux USA. Il me semble que c'etait un signe très clair que ma place étais en cote d'ivoire. C’est ainsi que j’ai décidé de démissionner de la BAD pour rentrer en Côte d’ivoire en 2005 en pleine crise. A mon retour, j’ai rejoins Shell Oil Product Africa en qualité de Directeur régional en charge du risque crédit pour l'Afrique de  l'ouest et du centre. Apres l'expérience de la Shell, j’ai décidé qu’il était de temps de monter mon entreprise. J'ai donc créé Bloomfield Group qui regroupe Bloomfield Financial, Bloomfield  Investment corporation et Blueprint by Bloomfield.

Quand vous n’êtes pas notés, vous n’intéressez pas les investisseurs et l'ensemble des pourvoyeurs de capitaux !


Bloomfield Investment Corporation : cela ne fait-il pas trop anglo-saxon ?

Vous pensez que si j’avais appelé ma société « Akwaba Finance » ou « Gagnoa Corporation », ça aurait eu le même impact ? Non (rire) ! Le nom est choisit pour que ça ait un impact, il faudrait que le nom que vous choisissez pour votre société corresponde au secteur d’activité et à l’environnement : ainsi « Bloomfield Investment » passe bien dans la finance en plus qu’il soit universel. En plus Bloomfield est le nom d’une ville des Etats-Unis d’Amérique, « Bloomfield Hills » dans l’Etat du Michigan qui est considérée comme une des villes la plus riche du monde. Ce nom incarne donc pour moi une réussite financière, une rigueur parce qu’on ne devient pas riche sans une certaine intelligence, une certaine vision, sans avoir été rigoureux dans son entreprise, à moins qu’on ne passe par des coups tordus ou fourrés. Et donc ce nom marche bien pour nous, partout où on va, ce nom passe bien.


Quelle place accordez-vous à la formation ?

Dans tout mon système la formation et la pédagogie sont essentielles et représente en quelque sorte le secret de la réussite. La formation dans toutes ses formes, académique ou pratique, est la base d’une entreprise prospère. Et c’est en cela que les ressources humaines sont très importantes.

 

Je n’ai jamais considéré l’échec comme une option envisageable quand j’entreprends

 

L’aspect famille dans votre carrière…

Pour moi, c’est le socle de la réussite ! Pour être un homme équilibré, il faut avoir une famille, votre bonheur à la maison va impacter sur votre bonheur à l’extérieur. Vous êtes malheureux à la maison, la probabilité de réussir dehors est très limitée. Les gens qui réussissent ont derrière eux une famille plutôt solide.


Un conseil pour finir…

Les ressources humaines c’est fondamental dans la réussite de toutes les entreprises humaines, c’est le volet le plus important car tout tourne autour de cela. Que ce soit un pays ou une entreprise, il est important de mettre l’accent sur la formation du personnel et des administrateurs. Cela passe évidemment par un système éducatif très fort. Mais au-delà, la formation sur tout ce qui est pratique est naturellement nécessaire, et ça, c’est le conseil que je donnerais à tous les chefs d’entreprise, à tous les entrepreneurs, aux gouvernants. Mettre l’accent sur la formation permet d’avoir une société équilibrée.