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Covid 19 : Opportunité de promotion du label « made in Côte d’Ivoire »

À défaut des JNMétiers, version classique avec réunion à un même endroit des différents professionnels des corps de métiers, les E-JNMétiers ont été initiés pour poursuivre la formation (en ligne) tout en restant bien confinés à l’endroit de son choix. Le 10ème et dernier E-JNMétiers s’est tenu le 28 mai 2020, avec pour modérateur, Armel Koffi, Directeur général de Origin 7 et pour speaker, président du Réseau ivoirien des communicants (RICOM), Dominique Kalif. Extrait de cette communication…

C’est un plaisir d’être là pour parler de marque. On ne parle souvent et suffisamment pas de marque, mais croyez-moi, c’est ce qui crée de la valeur et fait avancer les organisations. Il faut avant tout s’incliner devant la mémoire des personnes disparues durant cette crise, apporter la compassion aux malades actuels et  surtout exprimer notre soutien à ceux qui sont en situation de difficultés, car tout ce qui est emploi et activité est au ralenti… Cette crise est une opportunité ! Le temps qui m’est impartie me permettra d’évoquer les perspectives. Il est important de souligner qu’on nous a vendu la mondialisation, la globalisation, le marché mondial dans lequel tous les Etats se sont engouffrés et aujourd’hui nous sommes reclus sur nos 322 463 Km2 à cause de la fermeture des frontières terrestres et aériennes. Nous sommes alors obligés de ne compter que sur nous-mêmes. Alors qu’est qui doit être le ressort, le socle sur lequel nous devons nous projeter vers l’avenir ? Est-ce qu'avec ses frontières et ces murs virtuels hermétiquement fermés, ne voudrait-il pas regarder vers nous-mêmes ? Que pouvons nous donc faire pour que notre marché intérieur évolue au plan qualitatif et de la labélisation ? On ne peut pas entrer et sortir de cette pandémie avec les mêmes manières de réagir ou de faire. Mon humble contribution sera de vous donner mon point de ce qu’il faut faire au regard de ce qu’on a pu observer durant cette période. COVID 19, analyses des faits observés et impacts sur les initiatives locales Alors qu’avons-nous observé en tant qu’individu durant cette période ? Pendant la crise Tout ce que nous avons observé est né de la crise et a entrainé une certaine ingéniosité. Aujourd’hui, il faut se demander « qu’est-ce qu’on fait ? » Nous avons donc, à notre niveau, identifié un prisme, des enseignements clés que nous devons retenir pendant cette crise : D’abord la responsabilité. Adopter les gestes barrières en respectant les consignes de sécurité. Cela va engendrer, inéluctablement, la préservation de la santé, l’amélioration de l'hygiène et du bien-être. Ensuite l’agilité par la reconversion d’activités, l’adaptation de services, le télé enseignement. Conséquence : optimisation, adaptation. En sus, la créativité locale  avec la sensibilisation sur fond de production locales, avec nos réalités et nos spécificités. L’impact c’est l’authenticité et l’impact leaders d’opinions, le renforcement sentiment appartenance, les frontières fermées, on assiste à une valorisation du patrimoine et de la fibre nationale avec un engagement individuel voir collectif dans la lutte. Vient ensuite la solidarité avec le soutien aux plus vulnérables, le partage d’informations, les dons de vivres, les efforts pris par les entreprises pour soutenir l’emploi en évitant le chômage. Comme effet, on a l’entraide et la valorisation des valeurs ivoiriennes. Enfin, la digitalisation  avec la montée en puissance des services à distance, le web et les applications mobiles, le télétravail … pour réduire les déplacements. Cela va entraîner une amélioration du taux d’équipement et d’accès à internet, le travail à distance avec accès à des solutions aux standards internationaux. La période post Covid Ces cinq (5) enseignements doivent devenir des facteurs clés du succès à retenir après la période post Covid. Comment donc ces enseignements peuvent-ils être des facteurs de succès pour l’avenir ? Quand on parle alors de responsabilité, on fait allusion au faite d'avoir une vision, une conviction ; c’est-à-dire être discipliné et agir avec responsabilité pour construire la Côte d’Ivoire de demain avec la nouvelle génération. C’est aussi le soutien à l’inclusion, au développement et à la croissance durable. L’agilité suggère l'amélioration de notre capacité à faire face aux défis, car des crises climatiques ou sanitaires qui peuvent survenir à nouveau ; le renforcement du partage d’expérience et les benchmark internes ; la favorisation et le développement des normes ivoiriennes. Quant à la créativité, elle insiste sur l'aspect primordial du renforcement du contenu et de créativité locale ; l'optimisation de la création ainsi que la promotion des initiatives locales, des plateformes, des espaces dédiés, des concours et de l’accompagnement. Il faut également favoriser l’entrepreunariat, la créativité et surtout développer des marques fortes et authentiques. Pour ce qui est de la solidarité, comment doit-elle être vue ? J’ai vécu pratiquement trois ans avec des personnes sans aller voir ailleurs, sans avoir utilisé d’autres produits que ceux que j’ai localement. Il faut désormais promouvoir les produits et champions locaux, les initiatives locales qui sont sources de développement du tissu social et de favorisation de la solidarité. Au niveau de la digitalisation, nous avons constaté que les choses s'accélèrent au fur et à mesure. Cette crise a apporté une opportunité en termes d’accélération de digitalisation. Je me demande encore comment dans un ou deux ans, nous pourrons justifier le fait que nous avions pu faire 100% des réunions et activités pendant deux mois, sans que celà n’interfère négativement sur notre business. C’est une sacrée performance à mettre au compte du digital. L’intégration de la digitalisation au cœur de nos méthodes et de nos états d’esprit pour gagner du temps et améliorer la productivité à tout point de vue. De la nécessité de promouvoir un « made in cote d’ivoire » Il faut déjà retenir que cette crise a créé des opportunités à certains niveaux, et d'autres opportunités restent à saisir. Les cinq (5) enseignements précités deviennent alors des facteurs clefs. Les leviers pour développer le « made in Côte d’Ivoire » On parle de « made in Côte d’Ivoire » pour lui donner de la valeur, quand on le voit de l’étranger. Cela suppose, de notre part, une meilleure visibilité de la Côte d’Ivoire à  l’extérieur. Cette crise est donc un moment favorable pour nous préparer à mettre en lumière un certain nombre d’initiative, à les structurer et à les marqueter pour promouvoir dans différents secteurs le « made in Côte d’Ivoire ». Nous sommes dans un prisme qui nous rappelle notre devise : Union – Discipline – Travail. Cette union qui nous amène à être solidaire, cette discipline à travers la responsabilité, et les règles qu’on suit nous poussent à travailler davantage. Pour nous, les leviers pour développer le « made in Côte d’Ivoire » sont simples. Cela commence d’abord par l’information. On doit pouvoir    collecter et analyser toutes les données liées à l’information (analyses importations/exportations et plan prioritaire sur des secteurs porteurs) et en faire des plans prioritaires. Cela nous amène à définir une vision avec un plan priorisé. Ensuite, il faut fédérer autour des champions locaux, des initiatives "sucessfull" et des labels établis qui existent en Côte d’Ivoire mais qui manquent de promotion. Après quoi, une bonne réglementation ainsi qu'une meilleure sensibilisation sur la qualité et les standards internationaux permettraient de créer des normes et labels sectoriels clés pour soutenir l’accompagnement et améliorer leur contribution. Nous pourrons alors promouvoir les plateformes de soutien et de valorisation des initiatives et marques locales. Il faudra alors plus d’événements, d’initiatives, des espaces visuels et presse comme celle du Préfet d’Abidjan à travers « Allô Abidjan ». Enfin, après la mise en place de tout cela, il faut renforcer le soutien et l’accompagnement aux champions locaux à travers la formation, les concours, les subventions, les partenariats, la promotion du genre etc. Les étapes pour promouvoir le « made in Côte d’Ivoire » Pour nous résumer, les étapes pour promouvoir le « made in Côte d’Ivoire » pourraient se présenter six (6) points : Soutenir les talents et promouvoir le genre ; Encourager les Initiatives entrepreneuriales et développement des PME ; accompagner le développement de fédérations, coopératives pour renforcer l’harmonisation de standard de qualité et favoriser la consommation locale à qualité égale ; stimuler la Labellisation de la qualité, de l’authenticité et du savoir faire ; valoriser les marques locales fortes sur le marché intérieur ; exporter et promouvoir le made in Côte d’Ivoire De l’importance du développement des marques Ivoiriennes et des labels en Côte d’Ivoire. Qu’est-ce qu’une marque ? Pour Philip Kotler, l'un des meilleurs professeurs de Marketing, « une marque est un nom, un terme, un signe, un symbole ou toute combinaison de ces éléments à identifier les biens et services, d’un vendeur et à les différencier de la concurrence ». Et Jeff Bezos, fondateur d’Amazones, de renchérir, « votre marque, c'est ce que les gens disent sur vous quand vous n'êtes plus dans la pièce ». Pour donc revenir à notre cadre, quels sont les attributs d’images des marques ivoiriennes ? Que dit-on d’elles derrière nous ? Quelle influence ont-elles sur les décisions d’achats ou d’adhésion des cibles en Côte d’Ivoire, en Afrique et partout dans le monde ? Les ambassadeurs de cette marque ivoiriennes sont aujourd’hui les sportifs, les artistes, des entrepreneurs qui ont réussi dans le milieu financier, l’assurance… Pour nous, il faut fédérer tout cela pour avoir une plateforme commune « made in Côte d’Ivoire » qui permet de promouvoir cette marque. Créer des marques soulève une question fondamentale : comment se construit une marque ? Comment construire une marque Pour construire une marque, il faut quatre  éléments clés pour faire simple. D’abord la vision, c’est-à-dire nos convictions  ; ensuite, des valeurs qui sont le reflet de nos comportements  ; une identité, la manière dont elle se présente à nous, donc notre apparence ; et enfin, un ton de communication, c’est-à-dire notre manière de nous exprimer.  Une marque se définie donc autour des 4 points suivants  : une vision (un positionnement, une conviction, des promesses), des valeurs (la culture d’entreprise, l’ADN et les engagements), une identité (les logo, couleurs, police, marketing uniforme…) et un ton de communication (manière de s’exprimer, une posture). Pourquoi créer des marques ? • Créer de la différence et de la confiance;  • Influencer les connaissances, les attitudes et les comportements des individus à l’extérieur de l’entreprise (clients, distributeurs, leaders d’opinion, citoyens…) mais aussi à l’intérieur d’une entreprise ou d’une organisation ; • Susciter de la préférence ; • Déclencher des actions (adhésion, soutien, souscription, achat, engagements, ambassadeurs…). Pourquoi créer des labels ? Les labels sont des marques, gages de crédibilité et de confiance valorisant les produits, les services mais aussi les entreprises, les organisations et les Etats. Chaque label garantit que l'entreprise ou l’organisation respecte des critères environnementaux, sociaux, qualitatifs… En termes de business, le label développe des opportunités d’affaires pour les produits locaux et assure des débouchés à l’export. Ce système donne l’opportunité aux produits labellisés de pénétrer les marchés nationaux et internationaux, en plus de leur assurer une protection contre toute usurpation éventuelle. L’enjeu est d’apporter des garanties aux consommateurs sur la qualité du produit. Pour conclure, nous dirons que pour les décennies à venir, nous aurons hélas d’autres crises sanitaires ou climatiques à gérer, mais l’enseignement clé est que nous avons, à l'intérieur de nos frontières, les ressources et les ressorts pour promouvoir notre savoir-faire, développer le marché intérieur afin de créer des champions locaux et des marques suffisamment fortes pour rassurer et satisfaire avant de conquérir les marchés internationaux. Consommer local devient alors fondamental parce que cela nous permet de nous projeter vers l’avenir et aider nos marques locales. Cela permet de  préparer les bases d’un « made in Côte d’Ivoire » performant.  

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