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Interview

« Les règles de gouvernance sont un vecteur de croissance pour les petites et moyennes entreprises… ».

Doté d’une enveloppe d’un montant de 800 000 $ sur 5 ans, le groupe Siemens et Eurocham ont signé un projet d’appui aux PME dénommé « African Certification of Corporate Governance ». Ce projet vise à les accompagner dans la mise en place d’une politique de corporate governance. La project manager, Elodie Filopon, la chargée de projet, Estelle N’Gouan Yenan et le directeur projet, Julien Delcourt nous font une synthèse de ce projet. 

Le groupe Siemens et Eurocham ont signé en septembre 2019 le projet d’appui aux PME dénommé African Certification of Corporate Governance (ACCG).

Parlez nous du contexte de la mise en place de ce programme ?

Ce programme est parti du constat que de nombreuses PME (Petites et Moyennes Entreprises) n’étaient pas sensibilisées à la corporate governance. Pourtant, l’application de règles simples de bonne gouvernance génère une multitude d’effets positifs : efficacité, accès à de nouveaux marchés, rentabilité, amélioration des résultats, accès au financement, etc. « Un financeur, quel qu’il soit, ne s’engagera pas au côté d’une entreprise non structurée, peu transparente et mal gouvernée ».

Sur ce point, l’ensemble des études convergent ! Il y a un lien entre l’application de règles de bonne gouvernance et la performance économique des entreprises. Par la mise en place de ce projet, nous souhaitons à la fois, (1) sensibiliser des PME en leur apportant de nouvelles connaissances, mais également, (2) les accompagner dans la mise en place effective de règles liées à la bonne gouvernance. 

En période de crise, pensez à communiquer en interne !

Qu’est-ce que la Corporate Governance ?

La « corporate governance » ou gouvernance d’entreprise désigne l’ensemble des processus, réglementations, lois et institutions destinés à encadrer la manière dont l’entreprise est dirigée, administrée et contrôlée. Cette discipline était initialement axée sur les intérêts des actionnaires (dans le but de « contrôler » la direction). Rapidement, les différents acteurs qui participent plus ou moins directement à l’entreprise ont également fait valoir leurs propres attentes.

Ainsi, aujourd’hui, en fonction des objectifs qui gouvernent l’entreprise, l’un des principaux objectifs de sa gouvernance sera l’encadrement des interactions et des relations entre les différentes parties prenantes (actionnaires, dirigeants, administrateurs et salariés) ainsi qu’entre les parties prenantes et l’entreprise (rémunération, rédaction de procès-verbaux, code de déontologie…).

Parlons des critères de sélection des PME : combien ont postulé, combien ont été retenues pour ce projet et sur quelles bases ?

Nous avons reçu 113 candidatures et nous avons retenu 100 PME comme le prévoyait le projet. Les PME ont été sélectionnées au regard de plusieurs critères : le nombre de salarié, le chiffre d’affaires, l’ancienneté, le lieu d’implantation, etc. Nous sommes très heureux de pouvoir dire que ce programme réuni aujourd’hui des PME de toute taille et issues d’horizons très variés.

Le programme se déroule en deux phases : une 1ère dite de sensibilisation et une 2nde dite d’implémentation.

Que doit-on retenir de ces différentes phases ?

Chaque phase du projet a un objectif précis. La première phase, qui a pris fin en novembre 2020, visait à sensibiliser les candidats sur les notions de base de la gouvernance d’entreprise. Cette phase « théorique » s’est déroulée sur un (1) an et a touché 100 PME réparties en 5 groupes de 20 dirigeants. Quatre (4) thématiques ont été traitées : (1) la planification stratégique, (2) la solitude du dirigeant, (3) la gestion des risques et (4) l’éthique. Trois tests de connaissance ont sanctionné cette phase : l’un au démarrage, le second à mi-parcours et le dernier, en fin de programme.

La seconde phase, qui commencera en avril 2021, aura pour objectif d’accompagner les candidats dans la mise en place effective de mesures liées à la bonne gouvernance. Cette phase « pratique » se déroulera sur 3 ans et touchera 60 PME (sélectionnées parmi les PME les plus motivées de la première phase). 

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De manière opérationnelle, comment cela va se dérouler l’implémentation ?

Les PME sélectionnées participeront, dans un premier temps, à une session d’intégration (1/2 journée) puis entreront dans un second temps dans un programme implémentation. Notre consultant va rencontrer chacune des 60 entreprises, faire un diagnostic et proposer une liste de mesures correctives.

Chaque candidat choisira 3 mesures et se fera accompagner par notre consultant dans la mise en place effective de chacune d’entre elles. L’accompagnement par notre consultant se fera sous la forme d’un coaching individuel et collectif. A l’issu du programme, chaque entreprise aura « implémentée » trois (3) mesures (une par an pendant 3 ans) ce qui leur donnera droit à un certificat dont Eurocham fera la  promotion.

Quelle est la portée du certificat décerné à la fin du programme ?

Contrairement à un label de type ISO, ce certificat n’est pas une reconnaissance internationale et n’a pas de valeur juridique. Cependant, la participation au programme comme l’obtention du certificat comporte de multiples avantages. Sur le plan commercial, la promotion que nous, Eurocham, faisons du certificat auprès de nombreux membres et partenaires apporte de la visibilité au programme et aux entreprises qui y participent.

Sur le plan humain, la participation à un tel programme permet aux participants de rompre l’isolement face à leurs problématiques et de développer un nouveau réseau. Enfin, sur le plan organisationnel, la mise en place de mesures liées à la gouvernance d’entreprise développera la performance et la crédibilité des PME participantes. 

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En quoi la Corporate Governance peut permettre de faire face à des crises aussi soudaines qu’inattendues comme celle liée à la Covid 19 par exemple ?

Comme nous l’avons vu précédemment, la gouvernance d’entreprise régit les méthodes et processus avec pour objectif d’améliorer la fluidité des échanges entre les groupes d’individus qui composent l’entreprise. Dans un contexte « tendu », il est évident qu’une bonne circulation de l’information au sein de l’entreprise conduit à une prise de décision juste, rapide et éclairée.

La coopération entre le groupe Siemens et Eurocham a-t-elle encore d’autres projets dans ce genre ? Jusqu’où compte-t-elle aller dans cette collaboration ?

Non, nous n’avons pas d’autres projets avec le groupe Siemens. Pour le moment, nous souhaitons donner la priorité à ce projet, qui rappelons-le, ne prendra fin qu’en 2024. À long terme, nous souhaiterions pérenniser ce programme et le mener à plus grande échelle. Sensibiliser 100 PME, c’est un excellent début mais nous pouvons aller plus loin.

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