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Coach, formateur, conférencier en leadership et en communication, Yao Kouadio Emmanuel est une référence en matière de développement personnel. Certifié John Maxwell en août 2015, après avoir intégré la Team en janvier de la même année, il bénéficie, depuis cette date, de l’accompagnement de l’un des plus grands spécialistes au monde de leadership, John Maxwell. Directeur exécutif dans la ‘’John Maxwell Team’’, l’ancien Secrétaire général de la Compagnie ivoirienne d’électricité (CIE) a, aujourd’hui, le rang d’ambassadeur, dernier grade de l’échelon dans l’organisation. À ce titre, il est à son aise quand il s’agit d’évoquer les questions liées au leadership et le développement personnel. Entretien ! 

RH Mag : Le leadership, qu’est-ce que c’est ?
Emmanuel Kouadio  : À propos du leadership, John Maxwell aime bien dire que tout commence et finit par le leadership. Nous avons besoin de leader partout, dans nos familles, dans nos communautés, dans nos entreprises, dans nos Etats… Le leader ne donne pas ce qu’il a mais il donne ce qu’il est. Ce que nous sommes, c’est ce que nous devons offrir aux autres. Dans la vie, ce que les gens retiennent de vous, ce n’est pas forcement ce que vous dites mais c’est ce qu’ils vous voient faire. La meilleure prédication c’est l’exemple !

Quel est le reflet que vous ramenez  ?
Telle est la question que le leader se pose constamment. Et pour se poser ce genre de question, il faut avoir des valeurs et sur la question des valeurs, un leader ne transige pas. Quand un acte, une décision heurte ses principes, il le fait savoir peu importe la personne en face de lui en utilisant la manière. En outre, le talent que nous avons, parce que tout le monde en a un au moins, a besoin d’être travaillé, poli, dépoussiéré pour être plus éclatant et plus bénéfique. Pour qu’une personne ou un leader soit un vrai leader, il a besoin de formation, de cadre pour bien s’épanouir. Et la ‘’John Maxwell Team’’ offre justement ce cadre et les professionnels de premier choix pour la formation, pour l’aider à être une meilleure personne.

Comment adhère-t-on à la John Maxwell Team ?   
La connexion se fait en ligne via l’adresse de la plateforme… C’est une Université en ligne. Ensuite, la démarche consiste, pour l’apprenant, à se faire former à travers les ouvrages de John Maxwell qui sont répertoriés dans la plateforme. L’objectif pour la personne intéressée est de se faire former sur ces ouvrages de manière à être elle-même en capacité de former d’autres personnes  ; c’est cela le process. Vous suivez votre parcours en ligne, la durée de la formation dépend entièrement de vous et de votre vitesse à apprendre et à être disponible mais le temps est compris entre 3 et 6 mois. Pendant ce parcours ligne, vous bénéficiez de conférences téléphoniques avec des formateurs à raison d’une conférence d’une heure ou d’une heure trente minutes par semaine. À l’issue de ce processus, il y a une certification qui se fait à une occasion donnée où l’ensemble des personnes qui ont bénéficié de ce process en ligne, se retrouve à Orlando, aux EtatsUnis, pour en prendre possession. En Côte d’Ivoire, outre moi, il y a d’autres personnes certifiées John Maxwell. Nous sommes donc six (6) en Côte d’Ivoire. Dans le monde, la certification John Maxwell bénéficie à plus de 25 000 personnes que l’on retrouve dans 160 pays. Nous avons été formés en anglais mais depuis, les formations sont désormais accessibles en français. Le monde francophone n’a donc plus d’excuses pour bénéficier des formations de la Team John Maxwell. On vous entend souvent dire que dans la vie tout est question d’influence… Effectivement le leadership c’est l'influence. Si un seul mot doit remplacer ‘’le leadership’’, ce serait absolument ‘’l’influence’’. Un leader a nécessairement de l’influence et chacun de nous, à quel que niveau qu’il soit dans la hiérarchie a de l’influence. Un leader qui se retrouve seul, on dit qu’il se promène, il se mène seul d’où le mot « promener ». Le leader c’est celui qui va parler et les autres vont suivre. Si vous êtes un leader alors vous avez de l’influence maintenant cela va dépendre de sur qui vous exercez cette influence et comment vous l’utilisez ; c’est en fait ça qui fera la différence. Cette influence doit être « positive » de sorte à ce qu’elle puisse profiter à ceux sur qui elle est exercée. Hitler a eu de l’influence sur les allemands, nous savons tous ce que cela a donné ; Ghandi également y est allé de son influence sur les indiens, nous connaissons les résultats… Nous pouvons citer à la pelle ces leaders qui ont joué de leur aura pour influencer tout un groupe de personnes ou un peuple. Donc à la base, le leadership c’est avant tout l’influence.

Vous êtes convaincu que l’homme est créé pour réussir… Définitivement !
Sur quoi se fonde cette certitude ?
Celui qui nous a formé est un homme de foi, il le dit et il ne s’en cache pas. Qui plus est, il est même pasteur. Tout ce qu’il a écrit, toutes les rênes de leadership qu’il a décrites dans ses ouvrages sont basées sur la parole de Dieu. Et qui dit parole de Dieu, dit qu’on a la foi. Dans cette logique, on ne peut percevoir l’avenir qu’avec de la lumière. Aucun être ne naît sans aucun talent, chacun a au moins un talent. La responsabilité de chacun est donc de pouvoir développer le talent en lui pour être lui-même, le meilleur possible. Dans l’esprit, nous ne sommes pas en compétition entre nous mais chacun de nous est en compétition avec lui-même pour sortir le meilleur de lui-même afin de le faire profiter aux autres. C’est en ce moment uniquement que ton talent aura du sens. D’où la nécessité d’un travail à faire sur soi… Nous devons travailler sur le talent que nous avons, y consacrer du temps pour que le meilleur de nous-même puisse sortir. Au fond de nous, chacun a des choses à partager, tout est à l’état brut, il faut donc y consacrer du temps, le travailler. Chacun de nous est bon à la base car nous sommes faits à l’image de Dieu. Nous sommes amenés à réussir à condition de travailler chacun sur son talent. Comme on le dirait à Treichville : « il n’y a pas quelqu’un qui est venu accompagner les autres… » (rire). L’attache spirituelle est-elle un élément important voire indispensable ? De mon point de vue, c’est spirituellement qu’on en juge comme on le dit. On a besoin de ça  ! Notre vraie naissance, ce n’est pas le jour où nous sortons du ventre de notre mère, mais plutôt le jour où nous comprenons pourquoi nous sommes nés, le jour où nous nous reconnaissons avec celui qui nous a fabriqué. C’est ce jour où nous trouvons notre voie, la lumière resplendit, nous sommes alors éclairés et comme nous sommes éclairés, nous pouvons également éclairer les autres. Pour comprendre sa destinée, il faut cette connexion spirituelle qui est à mon avis, la clef de tout !

Votre biographie vous décrit comme quelqu’un qui a des ressources et l’expérience nécessaire pour aider à améliorer la productivité, la performance et la rentabilité des organisations…
C’est un peu prétentieux non (rire)… Ce qui fonde ce qui a été écrit part de ma formation. À partir du moment où vous êtes capables de connaître chacun pour pouvoir mettre chaque personne là où elle doit être pour sortir le meilleur de luimême, votre entreprise ne peut être que productive. Les qualités des uns doivent compenser les défauts des autres. Si vous avez tous les mêmes défauts et les mêmes qualités, vous faites de la duplication et non de l’adjonction. Votre mixte ne sera pas profitable à la structure, vous ne serez pas productif. Je trouve que cet exercice n’est pas toujours fait et même suivi dans nos organisations, certains patrons des RH font un peu trop de paresse à mon goût. Si dans une organisation, chacun est positionné là où il faut, dans sa zone de force, je n’ai pas dit sa zone de confort, vous êtes en capacité de donner le meilleur de vous-mêmes. Dans votre zone de force, vous allez plus vite et cela va aller en s’améliorant si on y ajoute par moment la formation, le suivi et l’accompagnement d’un coach en développement personnel. Le temps que nous mettons avec un collaborateur pour détecter sa zone de force sera largement récupéré quand cette zone aura été identifiée. Donc ce temps mis avec ce collaborateur n’est pas vain comme le pense certains managers ; heureusement le leader ne pense pas ainsi ! Parce qu’en terme d’affectation du temps, le leader c’est 10% sur sa machine et 90% avec le collaborateur. C’est seulement en passant du temps avec son collaborateur qu’on peut l’appréhender, le connaître, connaître sa zone de force, l’y placer afin qu’il donne le meilleur de lui-même. Immanquablement cela impactera l’organisation.

Plaideriez-vous pour la création d’une Direction de développement personnel dans les organisations indépendante des autres directions, notamment celle des Ressources Humaines ?
Oui je crois que c’est possible ! Mais peut être que si on dit Développement personnel, ceux qui ne pensent qu’argent diront à quoi est-ce que cela profite à l’entreprise ? Et ce serait se méprendre que de raisonner ainsi. Avoir une direction dans son organisation qui favorise le développement des gens, on dira donc personnel, qui favorise la croissance des unes et des autres, cette organisation-là, sera plus productive et plus profitable qu’une autre qui considère son personnel comme des matricules. Si c’est que votre force de travail qu’on regarde, on ne regardera jamais qu’une petite partie de vous-même puisqu’on ne va pas chercher à vous connaître. Quand vous recrutez un collaborateur, c’est l’homme entier que vous avez recruté, ce n’est pas seulement l’informaticien ou l’ingénieur que vous avez fait venir. Ceux qui gèrent les hommes et qui ne gèrent pas uniquement que les matricules et la force de travail du collaborateur, devraient s’orienter vers cette approche, c’est-à-dire avoir une Direction qui s’occupe du développement personnel de ses salariés. Je ne sais pas le nom que cela pourrait prendre mais nous devons avoir en esprit qu’il faut travailler sur les hommes, sur leur attitude. C’est un vrai investissement… Il faut amener le collaborateur à travailler sur lui-même, le pousser à être un meilleur soi-même parce qu’à la fin de la journée, vous ne donnez pas ce que vous auriez mais vous donnez qui vous êtes ! Et pour donner qui vous êtes, il faut que vous sachiez qui vous êtes. Savoir qui nous sommes, nous amène à donner le meilleur de nous-mêmes. Il faut vous donner du temps… Et je ne dis pas qu’il ne faut plus faire de formation Word ou Excel mais si y a un choix à faire, il faut passer plus de temps à travailler sur son attitude. Celui qui travaille sur son attitude crée les conditions pour une meilleure assimilation de sa technique. Pour le collaborateur cela doit être quelque chose d’intentionnelle, il ne faudrait pas que ce soit une exigence du patron ; il doit prendre conscience qu’il en a besoin, c’est l’étape la plus importante.

L’envie d’être un DRH vous a-t-elle déjà traversé l’esprit au cours de votre carrière professionnelle ? Disons non (hésitation) ! Mais j’ai envie de dire que je n’ai pas eu besoin d’avoir l’envie ou le titre pour mener des actions qui sont en lien avec la fonction. En tant que Directeur financier, j’avais une soixantaine de collaborateurs et les connaître était la clé pour pouvoir faire bouger un tel et mettre un autre à tel endroit. Ensuite Secrétaire général, le périmètre était encore plus grand… il n’y a pas le titre mais la connexion avec les collaborateurs c’est ce qu’on appelle gérer les hommes !

Le regard que vous portez sur les ressources humaines…
D’ordinaire je vois toujours le bon côté des choses. Les échanges que j’ai eu avec les responsables du Réseau ivoirien des gestionnaires des ressources humaines (RIGRH), notamment avec le Président Soro, me donnent à penser que c’est une fonction qui prend de plus en plus de l’importance dans nos entreprises. Il faut que les patrons des entreprises comprennent la portée de la fonction pour que le rôle de ses collaborateurs-là soit renforcé, que le positionnement de la fonction dans la vie de l’entreprise soit bien pris en compte parce que la première ressource qu’une organisation possède, ce sont les hommes et les femmes qui la composent. Si nous sommes en capacité de bien traiter ces hommes et ces femmes, nous valorisons la ressource. Or c’est su de tous, une personne qui se sent valorisée et respectée, un collaborateur qui est dans cette posture, ne peut être qu’au rendezvous de la performance. La fonction gestion des ressources humaines est très importante même si elle n’est pas toujours perçue de la sorte. Vous jouissez d’un riche parcours professionnel soldé par un poste de Secrétaire général de Compagnie ivoirienne d’électricité.

Quels conseils donneriez à la nouvelle génération en fonction et celle qui se prépare à faire le grand bond ?
Il y a deux (2) mots. Le premier c’est l’humilité. Le second, c’est enseignable ; les anglais disent ‘’teachable’’. Tant que nous sommes capables de rester humble et enseignable, nous pouvons gravir tous les échelons. Enseignable parce qu’on ne finit pas d’apprendre, il ne faut pas être atteint de la maladie dite de la destination : vous n’avez plus rien à apprendre, vous êtes arrivés comme on le dit à Abidjan. Celui qui est enseignable, chaque fois qu’il y a une nouvelle connaissance, en lien ou pas avec son domaine d’activité, il est intéressé. L’humilité, le sage l’a dit, elle précède la gloire. Pour avancer, nous ne pouvons pas nous faire l’économie de ces deux mots : humble et enseignable. Parlez-nous de votre conviction pour finir… Ma conviction est que chacun de nous naît avec un projet que le Seigneur a pour lui et il tarde au Seigneur de nous voir rentrer dans son plan pour faire les choses qu’il attend que nous fassions. Mais cela a un prix : c’est le temps que chacun accepte de se donner, de se consacrer à lui-même de manière intentionnelle. Nous n’avons pas d’excuses pour être moyen et nous en avons encore moins pour être médiocre. Chacun doit viser l’excellence et cette visée a un prix, c’est de prendre sa vie en main. C’est identifier pourquoi nous sommes sur la terre. Que chacun prenne conscience de sa position et comment améliorer cette position… Notre grandeur c’est d’avoir de la considération pour plus petit que soi. Si nous avons de la considération pour ceux qui sont au-dessus de nous, quel effort faisons-nous ? Planifions nos vies, personne ne planifie d’échouer mais beaucoup échouent de planifier ! Si vous ne planifiez pas la vie, vous la subissez. À l’absence de direction, tous les vents sont contraires ! Et ce n’est pas le plan de Dieu… 

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