Patricia Senghor, Compliance Officer Orange CI « La lutte contre les atteintes à la probité est l’affaire de tous »

Compliance Officer en charge de l’éthique, de la conformité et de la bonne gouvernance en entreprise, Patricia Senghor est en fonction au Groupe Orange Côte d’Ivoire depuis 2018. À l’occasion de la 11ème édition de l’Ethics & Compliance Day, nous l’avons rencontré et elle nous parle des enjeux de cette activité.

La 11ème édition de Ethics & Compliance Day 2023 vient de prendre fin. Pourriez-vous nous rappeler l’objectif général de cette activité ?

L’objectif général était double. D’abord, c'est de sensibiliser dans l’ensemble du Groupe Orange CI, constitué des filiales Orange Côte d'Ivoire, Orange Burkina Faso et Orange Libéria, sur les problématiques d’éthique et rappeler les délits d’atteinte à la probité, soumis aux lois et règlementations françaises en vigueur applicables en la matière et d’application extraterritoriale dont la loi dite Sapin II de 2016, ainsi qu’aux lois que constitue le UK Bribery Act du Royaume-Uni de 2010 et le Foreign Corrupt Practices Act américain de 1977. Nous sommes également soumis aux lois locales applicables en la matière, telles que la loi ivoirienne du 20 sept 2013 relative à la prévention et à la lutte contre la corruption et les infractions assimilées et les ordonnances afférentes.

Ensuite, il s’agissait de rendre chaque salarié, acteur de la prévention de la corruption, en acquérant la maîtrise des outils mis à disposition dans la cadre du programme de prévention de la corruption. Il s’agit dans ce cas précis du dispositif d’alerte interne et de la déclaration des conflits d’intérêts.


Quelles ont été les avancées majeures de la 10ème édition, quel bilan en avez-vous fait ?

En 2022, lors de la 10e édition, nous nous sommes ouverts à notre écosystème externe. Nous avons échangé sur les dispositifs d’alerte interne et externe ainsi que sur l’éthique dans la relation Clients.

Au niveau de l’Expérience clients, il y a eu un rappel du processus de gestion de nos clients et surtout de notre fort engagement pour le sens du service et de la fidélisation de notre clientèle avec pour socle le respect de nos principes inscrits dans notre Guide éthique de la relation clients.

Sur le dispositif d’alerte, l’ensemble de nos intervenants du secteur public, Laëtitia Konan, Directrice de la Corruption au Ministère en charge de la Promotion de la Bonne Gouvernance et de la lutte contre la corruption, Mme Sylvie Memel Kassi, Directrice de la Culture au Ministère de la Culture et de la Francophonie, d’Organisations patronales telles que la CGECI et l’UNETEL représentée par Gertrude Koné, de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Côte d’Ivoire (CCI-CI) et des autorités locales notamment, Seke Valentin Mel, chef du village de Mopoyem, ont tenu à rappeler que les mécanismes de signalement des manquements à l’éthique, à la morale, au respect de l’autre et de ses biens étaient en place dans tous les secteurs. Il importe, par conséquent, que chacun prenne conscience qu’il a un rôle à jouer à son niveau et au sein de sa communauté. Il ne s’agit point de nouveautés émanant principalement des lois et règlementations étrangères susmentionnées. Il s’agit désormais de sensibiliser davantage sur l’usage de ces mécanismes de signalement disponibles à l’interne chez Orange Côte d’Ivoire, mais également à l’externe et les rendre pratiques et accessibles à l’ensemble de la population.

Le bilan fait au niveau du Groupe OCI est qu’il importait de poursuivre nos actions aux fins de mieux satisfaire nos clients et de leur donner la voix pour exprimer tout mécontentement.

Il importait également, pour nous, de montrer le bon exemple en tant que 1er opérateur digital, engagé vis-à-vis de nos parties prenantes, en matière de respect des règles de probité vis-à-vis de notre écosystème interne et externe.

L’un des objectifs de cette édition est de faire connaître l’équipe compliance aux salariés OCI, notamment les nouvelles recrues. Pensez-vous que les salariés de OCI ne connaissent pas suffisamment le service Compliance & Ethics ? Et est-ce à dire que le contenu de cette activité est adressé aux salariés de OCI ?

Les salariés d’OCI connaissent le Département Compliance dont j’ai la responsabilité. Nous sommes au quotidien avec eux, et ce, sur un certain nombre de sujets tels que les contrôles de Due Diligence autrement dénommée évaluation de nos partenaires et clients avant toute contractualisation avec OCI, les déclarations de situation de conflits d’intérêts, les rappels réguliers de nos politiques, en particulier, les principes disposés dans notre politique-cadeaux ainsi que dans notre code de conduite anti-corruption et notre charte d’éthique et de déontologie.

Nous faisons régulièrement circuler, via notre communication interne, des capsules vidéos de sensibilisation à thème. Pour exemple, dans le cadre de cette édition, nous avons eu un entretien avec le PDG de Bloomfield Corporation, Stanislas ZEZE aux fins d’échanger sur la notation financière. Celui-ci a insisté sur l’importance d’avoir une fonction de vérification de la conformité au sein de structure en tant que témoignage d’une bonne gouvernance d’entreprise. C’est un élément apprécié par les marchés, les investisseurs et qui entre dans les critères de notation financière. Comme vous le savez, Orange Côte d’Ivoire (OCI) est désormais côté en bourse et nous devons montrer l’exemple en matière de lutte contre les atteintes à la probité.

Nos activités s’adressent prioritairement à nos salariés, mais nous visons également l’externe, notamment dans le cadre du processus d’évaluation de nos partenaires et de l’appréciation des cadeaux offerts par les fournisseurs/partenaires à nos collaborateurs. Nous interagissons avec l’écosystème externe dans le cadre de nos collaborations avec les autorités de contrôles, les organisations patronales (UNETEL, CGECI) et les chambres de commerce (CCI-CI).

La lutte contre les atteintes à la probité est l’affaire de tous.

Parlez-nous du contenu de cette 11ème édition de l’Ethics & Compliance Day…

Cette 11e édition, comme indiqué plus tôt, a vu l’organisation de deux ateliers. L’un dans la matinée du 20 novembre 2023 et portant sur le dispositif d’alerte et l’autre dans l’après-midi et portant sur l’éthique dans le sport.

Il était question dans le premier atelier de démontrer que le lancement d’alerte était un sujet d’actualité dans tous les secteurs. La nécessité de rassurer sur le traitement éthique, confidentiel, juste et impartial aux fins d’éviter les représailles a été également évoqué ainsi que les mécanismes mis en place autorisant de plus en plus les alertes anonymes.

C’était pour ainsi dire le lieu de rappeler les avantages pour les sociétés privées, les autorités publiques, les organisations de la société civile de mettre en place des lignes de lancement d’alerte aux fins de libérer les voix et de signaler les manquements à l’éthique, aux droits de l’homme, à l’environnement, etc.

Pour le 2nd atelier, nous avions pour panélistes, Mahama COULIBALY, Président de la Fédération ivoirienne de basket-ball (FIBB), Patrice Remarck, Grand Maître de taekwondo et représentant de la Fédération ivoirienne de taekwondo, Alfred ZEBI, Directeur Général d’OSACO Afrique, cabinet expert en matière d’enquêtes et enfin Malick TRAORE, journaliste sportif, qui ont abordé les questions de conformité et de gestion des risques