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Présentez-vous svp : famille, origine, temps passé hors de la Côte d’Ivoire, pays visités…

J’ai quitté la côte d’ivoire à 12 ans pour la France où j’ai grandi, fais mes études et commencé ma vie professionnelle… Je suis revenue en Côte d’Ivoire en 2016. Ma mère est franco-nigériane (igbo) et mon père est ivoirien 100%. J’ai visité des pays comme l’Espagne, l’Allemagne, la Suisse, la Belgique, le Luxembourg, la Hollande, l’Angleterre, les USA.

En Afrique, j’ai fait le Nigéria, le Cameroun, le Kenya, le Burkina Faso, le Togo et le Mali. Le contact entre deux cultures implique un phénomène d’acculturation.

Comment à votre niveau, vous concevez ce phénomène ?

Je pense que le fait d’être née en Afrique mais d’avoir été élevée par une mère métisse dans un milieu très occidentalisé, m’a permis de très tôt avoir conscience d’une identité mixte et de m’approprier pleinement les deux cultures.

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S’adapter ne signifie pas qu’il n’y a plus de choc de culture, c’est simplement que quand cela arrive on réagit mieux, on sait mieux s’ajuster aux circonstances. Je trouve mon équilibre en piochant quelques éléments d’une culture ou de l’autre en fonction de la situation.

Un peu comme un jeu de rôle… Toutefois, montrer une forte capacité d’adaptation ne signifie pas qu’on est pleinement en phase avec notre environnement. Il arrive souvent que je sois contrariée et que j’aie du mal à adhérer à certains comportements sociaux et professionnels en Côte d’Ivoire.

Comment jugez-vous votre acculturation  ? S’agit-il d’un cas de réciprocité ou d’un cas en un sens unique avec d’un côté une culture « donneuse » et de l’autre une culture « receveuse » ?

Dans le domaine professionnel, je dirais que l’influence occidentale est bien plus importante. Ce qui est logique quand on a hérité de ce système éducatif et professionnel. Dans les autres domaines, il m’est difficile d’évaluer cela. Toutefois, l’éducation étant un volet central dans le processus de cohésion sociale, j’imagine qu’il y a également une influence ailleurs.

On remarquera par exemple que la plupart de mes fréquentations ont également fait leurs études et travaillé en occident ; simple principe d’appariement Il parait évident que l’acculturation provoque des changements dans tous les modèles culturels qui se rencontrent.

Quel a été le changement le plus significatif que votre acculturation ait engendré sur vous ?

Je dirais que je suis plutôt accessible et que j’ai une facilité à tisser des liens avec les autres qu’importe leur statut. Je viens d’une entreprise dans laquelle on jouait au babyfoot avec le DG pendant la pause, sans parler des afterworks qu’on a pu se faire… Pour vous dire que, bien que j’aie un grand respect pour ma hiérarchie, elle ne consiste en rien une barrière à la relation humaine pour moi.

Il faut juste savoir faire la part des choses. D’une culture à une autre, on trouve des similitudes et des divergences.

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Dans votre entreprise, avez-vous senti une façon différente de travailler de vos collaborateurs,  contrairement à votre ancien univers ? Comment vous vous y êtes prise ?

Ce qui m’a le plus marqué en rentrant, c’est le système managérial très pyramidal que l’on rencontre dans certaines entreprises, le manque de remises en question du système en place et d’initiatives personnelles. Je ne parle pas d’un système en particulier ici.  Je dénonce seulement les propos de certains collaborateurs «  C’est vrai que ce n’est pas normal et nous même ne sommes pas d’accords mais que veux tu, c’est comme ça que ça fonctionne ici… » sans que personne ne se risque à vouloir faire changer les choses, un peu comme si tout le monde subissait.

Également les nombreuses sensibilités des collaborateurs dont il faut tenir compte pour maintenir un bon climat social et s’assurer d’une bonne collaboration.

Avec la façon de travailler de vos collaborateurs et la vôtre, qu’est-ce qui a été beaucoup plus difficile, assimiler leur façon de travailler ou leur faire assimiler votre manière de travailler ?

Dans mon cas, j’ai eu à faire pas mal d’effort d’adaptation pour travailler un peu plus la forme, privilégier l’approche directe aux e-mails, tenir compte des sensibilités de chacun au travail. Ce dernier point a, pour moi, été le plus difficile à résoudre car il faut dire que j’avais au départ une approche très franche, un raisonnement factuel et je mettais peu de sentiments dans le travail.

Cet effort était toutefois essentiel pour la fonction que j’occupe (Responsable Communication et Marketing). La seule exigence de mon côté concernait la formalisation systématique de nos échanges par mail.

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