02-01-2026
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Atelier régional du RAFPRO : Abidjan ouvre le débat sur l’IA et l’avenir de la formation professionnelle


Abidjan a accueilli, mardi 9 décembre 2025, une importante rencontre consacrée à l’avenir des compétences en Afrique. Dans la salle Casino Barrière du Sofitel Hôtel Ivoire, le Réseau Africain des Institutions et Fonds de Formation Professionnelle (RAFPRO) a réuni responsables publics, partenaires internationaux, entreprises et experts du numérique pour discuter d’un sujet majeur : l’impact rapide de l’intelligence artificielle sur l’emploi et la compétitivité.


Dès les premières interventions, le ton était clair. Cette rencontre, organisée avec le soutien du Fonds de Développement de la Formation Professionnelle (FDFP), n’était pas un simple partage d’idées. Il s’agissait de réfléchir sérieusement à la manière dont les systèmes de formation doivent évoluer face aux transformations du marché du travail. Avec la montée en puissance de l’IA, les pays africains doivent repenser leurs modèles pour éviter un fossé technologique et assurer l’insertion professionnelle des jeunes.

Le président du Comité de Gestion du FDFP, Siama Bamba, a ouvert les échanges en appelant à une mobilisation collective. Selon lui, « la révolution n’est plus à venir : elle est déjà là ». L’IA représente une grande opportunité, mais encore faut-il préparer les jeunes et les travailleurs à l’utiliser pour renforcer la compétitivité des économies africaines.


La Directrice régionale du Bureau International du Travail, Fanfan Rwanyindo, a confirmé cette vision. Pour elle, l’IA transforme les métiers, mais ne remplace pas la valeur humaine du travail. Elle insiste : il s’agit d’acquérir de nouvelles compétences, pas d’abandonner. Avec une bonne stratégie, l’Afrique peut devenir un grand réservoir de talents numériques.

Dans le même esprit, le Président du RAFPRO et Secrétaire général du FDFP, Philippe N’Dri, a encouragé le continent à viser plus haut. Il estime que l’Afrique doit passer du statut de simple consommateur de technologies à celui de créateur et exportateur de solutions basées sur l’IA. Il a invité les institutions à mettre en commun leurs moyens pour construire un véritable écosystème.


Représentant le ministre de l’Enseignement technique, de la Formation professionnelle et de l’Apprentissage, Koffi N’Guessan, le directeur de cabinet, Moustapha Sangaré, a invité les participants à identifier les compétences et les métiers de l'IA, déterminer les mécanismes de financement et de gouvernance. « Pour nos économies africaines, la question n'est plus de savoir si nous devons intégrer I'IA, mais comment le faire de manière accélérée, éthique et inclusive. Nous devons garantir l’employabilité de notre jeunesse en la dotant des compétences numériques nécessaires : L'urgence de compétitivité : Nos entreprises, notamment les Pme, doivent pouvoir l’utiliser pour améliorer leur productivité de 20 à 25 % et rester compétitives face au marché international », a-t-il recommandé.

Les discussions ont ensuite porté sur les compétences émergentes, l’actualisation des programmes de formation, le financement de l’innovation et la gouvernance des dispositifs de formation. Les participants ont aussi revisité les priorités du Plan stratégique 2025–2029 du RAFPRO, axé sur la gouvernance, les partenariats et les programmes inter-pays.

À noter que l’atelier, prévu sur deux jours, se poursuit actuellement, avec des sessions d’échanges et de travaux destinées à approfondir les différentes recommandations formulées lors de cette première journée.

Créé en 2006 à Cotonou avec l’appui du Bureau International du Travail, le RAFPRO rassemble aujourd’hui treize institutions de plusieurs pays d’Afrique. Sa mission : harmoniser les approches de formation professionnelle et aider les États à élever le niveau des compétences.

En fin de rencontre, les participants ont décidé de rédiger une déclaration commune qui guidera les futures actions régionales. Ce document marquera une nouvelle étape dans l’intégration de l’IA dans la formation professionnelle, avec un objectif clair : permettre à l’Afrique de maîtriser les technologies de demain… et de participer activement à leur création.

 

Emmanuel DJE BI