23-01-2026
Analyses et études

Capital humain : ce que l'ascension du jeune avocat Mardochée Gondo nous enseigne

À 22 ans, Mardochée Sahi Gondo vient de prêter serment et devient avocat au Barreau de Côte d'Ivoire. L'information a rapidement circulé sur les réseaux sociaux, suscitant admiration et surprise. À un âge où beaucoup achèvent à peine leur licence, lui franchit déjà les portes d'une profession aussi exigeante que prestigieuse. Au-delà de l'exploit personnel, ce parcours mérite qu'on s'y attarde. Car il illustre, de manière éclatante, la puissance du capital humain.


Le capital humain désigne l'ensemble des compétences, connaissances et aptitudes qu'un individu développe tout au long de sa formation. Dans le cas de Gondo, tout suggère un investissement précoce et soutenu : discipline, méthode, orientation claire dès le départ. Aucune étape n'a été négligée, aucun raccourci emprunté. Le résultat est à la hauteur de l'engagement : une réussite qui n'est ni accidentelle ni miraculeuse, mais logique. Ce type de trajectoire ne tient pas du hasard. Elle repose sur des choix réfléchis, un environnement favorable et, probablement, un accompagnement de qualité. C'est cette combinaison qui fait la différence.


Dans un contexte où de nombreux jeunes Ivoiriens peinent à se projeter professionnellement, l'exemple de Gondo agit comme un électrochoc positif. Il prouve qu'avec de la rigueur et de la constance, l'âge ne constitue pas un obstacle. Mieux encore : il rappelle que l'excellence est accessible à qui se donne les moyens d'y parvenir. Ce message est d'autant plus précieux qu'il s'inscrit dans une période où les repères manquent souvent. Voir un jeune réussir par le mérite remet l'accent sur ce qui compte vraiment : le travail, la persévérance, la qualité de la formation.


Mais l'entrée de Gondo dans la profession d'avocat ne profite pas qu'à lui seul. Elle enrichit également la société ivoirienne dans son ensemble. Chaque professionnel bien formé contribue à renforcer la qualité du système judiciaire, la sécurité juridique et, in fine, la confiance des citoyens envers leurs institutions. Son arrivée symbolise aussi l'émergence d'une relève jeune, compétente et potentiellement innovante, une génération capable d'apporter un regard neuf sur des enjeux anciens, tout en maîtrisant les codes et exigences de la profession.


Au fond, le cas Gondo rappelle une vérité simple mais trop souvent oubliée : l'éducation est le meilleur des investissements. Lorsqu'un jeune talent est détecté, accompagné et soutenu, il peut devenir un véritable moteur de progrès, pas seulement pour lui-même, mais pour tout son environnement. C'est là toute la force du capital humain : il se multiplie. Un individu bien formé en forme d'autres, transmet des savoirs, élève le niveau général. Et c'est ainsi qu'une société avance.


Le parcours de Gondo dépasse donc largement l'anecdote d'un jeune prodige. Il incarne une démonstration concrète de ce que peut produire un capital humain correctement cultivé : des trajectoires transformées, des compétences renforcées, un pays qui progresse. Reste maintenant à multiplier les conditions de réussite pour que d'autres Gondo puissent émerger, dans tous les secteurs, partout en Côte d'Ivoire.

Emmanuel DJE BI