De
l’idée au modèle économique viable : le Demo Day Challenge+ Afrique 2026 a mis
en lumière douze entrepreneurs accompagnés pendant huit mois par HEC Paris.
Quatre projets ont été distingués, illustrant la diversité et la maturité
croissante de l’entrepreneuriat africain. À Abidjan, l’entrepreneuriat africain
ne manque ni d’idées ni d’ambition. Il cherche désormais à transformer ces
atouts en entreprises solides, structurées et capables de créer durablement de
la valeur. C’est
tout le sens du Demo Day Challenge+ Afrique 2026, organisé le 1er octobre
dans les locaux de la CGECI à Abidjan-Plateau.
Après
huit mois d’accompagnement, les douze entrepreneurs de la promotion 2025-2026
ont présenté leurs projets devant un parterre de dirigeants, d’investisseurs et
d’acteurs de l’écosystème entrepreneurial. Un exercice de pitch qui aura
surtout permis de mesurer le chemin parcouru : celui qui sépare une intuition
entrepreneuriale d’un projet capable de se structurer autour d’un modèle
économique viable. Et le niveau atteint par les participants a manifestement
dépassé les attentes du jury qui a finalement choisi de distinguer quatre
projets, contre trois prix initialement prévus.
Ces
projets témoignent d’ailleurs de la diversité des réponses entrepreneuriales
portées par cette promotion.
Le
Prix du meilleur business plan N°1 revient à TouchedeLuxe Care, porté par
Roxane Gnaman-Bamba. Le projet s’attaque à un marché de niche avec une gamme de
produits d’entretien spécialisés pour la maroquinerie et les accessoires haut
de gamme. Le Prix du meilleur business plan N°2 distingue Esono, la startup de
Kadry Diallo. Son ambition : développer des solutions d’intelligence
artificielle sur mesure pour accompagner les PME africaines dans leur
développement. Avec Naturazen, le Prix Coup de Cœur du Jury récompense le
projet porté par le Dr Posset-Kassam. Le concept repose sur un hub de santé
intégrée proposant des services innovants de diagnostic dans les domaines de la
santé et de la beauté. Enfin, le Prix du projet impact a été attribué à Zakir,
porté par Eulalie Kouassi. Le cabinet de conseil entend agir sur un enjeu
particulièrement stratégique pour les économies africaines : l’insertion
professionnelle et l’impact social.
À
travers ces quatre lauréats se dessine ainsi une cartographie intéressante des
nouvelles ambitions entrepreneuriales : technologie, intelligence artificielle,
santé, services spécialisés, insertion professionnelle et impact social.
Au-delà
des prix, le véritable enjeu du programme semble se situer dans la
transformation des entrepreneurs eux-mêmes. Le Demo Day a en effet été conçu
comme l’aboutissement de huit mois d’accompagnement. Les douze porteurs de
projets ont été amenés à confronter leurs idées aux exigences de la
structuration entrepreneuriale, jusqu’à se présenter devant un jury et un écosystème
composé notamment de dirigeants et d’investisseurs. Une évolution que résume
Étienne Krieger, co-directeur académique du programme, pour qui cette promotion
illustre la vocation de Challenge+ Afrique : « transformer des besoins
concrets en modèles économiques viables et résilients ».
Cette
logique est essentielle dans des écosystèmes où l’enthousiasme entrepreneurial
ne suffit plus. L’enjeu est désormais de faire émerger des entreprises capables
de survivre, de croître, de recruter et, à terme, de contribuer durablement à
la transformation des économies africaines. Les chiffres avancés par HEC Paris
donnent d’ailleurs du relief à cette ambition : « 93 % des
entrepreneurs accompagnés par Challenge+ Afrique depuis plus de cinq ans
poursuivent aujourd’hui leur aventure entrepreneuriale », confia
Sophia El Hajaj Gnassounou, cheffe de projets entrepreneuriat et innovation au
bureau Afrique de HEC Paris.
Autre
enseignement du Demo Day : l’entrepreneuriat ne se construit pas uniquement
dans la relation entre formateurs et bénéficiaires. Il se nourrit aussi de la
transmission entre générations d’entrepreneurs. La présidence du jury par Tchancia
Yoro en constitue une illustration symbolique. Lauréate du Prix Coup de Cœur
deux ans auparavant, elle revient cette fois de l’autre côté de la table pour
évaluer les nouveaux projets.
Cette
dynamique contribue à créer davantage qu'une succession de promotions. Elle
participe à la constitution progressive d'une communauté entrepreneuriale, où
l’expérience circule, où les réseaux se renforcent et où les apprentissages
peuvent être réinvestis par les générations suivantes.
La
soirée s’est achevée par le passage de relais officiel avec la promotion
2026-2027, appelée à entamer à son tour son parcours de transformation. Une
nouvelle génération prend donc le départ, avec le même défi : transformer des
besoins identifiés sur le terrain en entreprises capables de créer de la valeur
et de durer.
Pour
HEC Paris, l’enjeu dépasse ainsi la formation de quelques entrepreneurs. Il
s’agit de contribuer, par l’accompagnement, la transmission et la structuration
des projets, à la consolidation d’un écosystème entrepreneurial africain plus
durable, plus responsable et plus ambitieux.