09-10-2026
Actualités

Code du Travail en Côte d’Ivoire : La CGECI et ses partenaires arment les entreprises face aux 11 nouveaux décrets


Depuis leur adoption le 15 avril 2026, les onze nouveaux décrets d’application du Code du Travail imposent aux entreprises ivoiriennes une mise à niveau de leurs pratiques sociales. Pour accompagner les professionnels dans cette nouvelle étape réglementaire, la Commission Emploi et Relations Sociales (CERS) de la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI), en partenariat avec le Réseau ivoirien des gestionnaires des ressources humaines (RIGRH) et le Cabinet Metis Academy, a organisé, les 15 et 16 septembre à Abidjan, une session de formation dédiée à la compréhension et à l’appropriation de ces nouveaux textes.

Le Code du Travail ivoirien entre dans une nouvelle phase de mise en œuvre. Avec l’adoption, le 15 avril 2026, de onze décrets d’application de la loi n°2015-532 du 20 juillet 2015, le cadre réglementaire encadrant les relations de travail s’est considérablement précisé. Contrat de travail, préavis, règlement intérieur, travail à temps partiel, comité d’entreprise, registre employeur, conventions collectives, santé au travail ou encore hygiène en milieu professionnel : autant de sujets désormais appelés à produire des effets très concrets dans les entreprises.

Face à ces évolutions, une question s’impose aux directions des ressources humaines : comment passer du texte réglementaire à la pratique quotidienne sans exposer l’entreprise à des risques de non-conformité ? C’est à cette préoccupation qu’a voulu répondre la session organisée les 15 et 16 septembre 2026 à la Maison de l’Entreprise, à Abidjan-Plateau, en présence d’une centaine de professionnels des RH, juristes d’entreprise, responsables HSE, comptables et dirigeants ont pris part aux échanges.

Animée par le Dr Mar Mao, Président de la Commission Indépendante Permanente de Concertation (CIPC), la formation a privilégié une approche pratique des nouveaux dispositifs. L’objectif : permettre aux participants de mieux comprendre ce qui change réellement dans la gestion des relations de travail et, surtout, d’identifier les ajustements à opérer dans leurs organisations.

La première journée a notamment permis de revenir sur le décret n°2026-197 relatif au contrat de travail, ainsi que sur celui consacré à la durée du préavis de rupture du contrat de travail. Les échanges ont également porté sur le règlement intérieur, le registre employeur et le comité d’entreprise. Des cas pratiques et des éléments de jurisprudence ont contribué à rapprocher les dispositions réglementaires des réalités auxquelles sont confrontés quotidiennement les gestionnaires RH.

La deuxième journée a, quant à elle, élargi la réflexion aux relations collectives de travail, aux conditions de travail et aux exigences de conformité. Une approche qui rappelle une réalité désormais incontournable pour les entreprises : la conformité sociale ne peut plus être appréhendée comme une simple formalité administrative. Elle devient un enjeu de maîtrise des risques, de qualité du dialogue social et de sécurisation des pratiques managériales.

À l’issue des deux journées, les participants ont notamment disposé d’un support de formation, d’un recueil des principaux textes réglementaires, de modèles pratiques – contrat de travail, règlement intérieur, registre employeur –, ainsi que d’une check-list de conformité et d’outils d’audit et de mise en conformité. Une manière concrète de prolonger la réflexion au-delà de la salle de formation et d’accompagner les entreprises dans leurs démarches d’actualisation.

À travers cette initiative, la CERS entend également renforcer son rôle d’espace d’information et de dialogue sur les enjeux qui touchent directement les employeurs et leurs collaborateurs. Pour le RIGRH, cette collaboration s’inscrit dans une logique de renforcement des capacités des professionnels RH face aux évolutions du droit social. Car, au fond, la question posée par ces onze décrets dépasse la seule lecture juridique. Elle interpelle directement la fonction RH sur sa capacité à anticiper, sécuriser et accompagner les transformations du cadre de travail.

Notons que les travaux se sont déroulés en présence du Directeur Exécutif, M. Stéphane Aka-Anghui, du Président de la CERS, M. Koffi Thierry, et du Président du RIGRH, M. Souleymane Traoré.