23-09-2026
Analyses et études

Côte d’Ivoire : former plus, mais surtout former juste (PAPIER D'ANGLE)

Un diplôme en poche, mais pas forcément l’emploi au bout. En Côte d’Ivoire, les dernières actualités sur la formation, l’emploi et les ressources humaines montrent une réalité : le marché du travail change plus vite que les compétences disponibles.

La question n’est donc plus seulement de savoir combien de jeunes sont formés. Il faut surtout savoir s’ils sont formés pour les métiers dont les entreprises ont réellement besoin. C’est tout l’enjeu de la cartographie des besoins en compétences lancée récemment par l’AGEFOP à Abidjan, San-Pédro et dans le Haut-Sassandra. L’objectif est d’aller sur le terrain, auprès des entreprises, pour identifier les métiers recherchés et les compétences qui manquent. Une démarche qui pose une question simple, mais essentielle : est-ce que notre système de formation prépare vraiment aux emplois de demain ?

Le marché du travail change

La formation professionnelle cherche justement à se rapprocher davantage des réalités des entreprises. Le développement de nouveaux Certificats de Qualification Professionnelle (CQP) va dans ce sens. Mais les entreprises ont aussi leur part de responsabilité. Elles ne peuvent plus simplement attendre que les écoles et les centres de formation leur livrent les profils dont elles ont besoin. Elles doivent davantage participer à la définition des compétences, accueillir les apprenants et investir dans la formation continue.

Les DRH n’ont plus le droit de rester immobiles

 Pour les ressources humaines, le défi est encore plus large.  Les nouvelles règles liées au Code du travail obligent les entreprises à revoir certaines pratiques. Et pendant ce temps, l’intelligence artificielle transforme déjà les métiers et les façons de travailler. Le rôle du DRH évolue donc lui aussi. Il ne s’agit plus seulement de recruter, gérer les carrières ou régler les questions administratives. Il faut désormais anticiper les compétences de demain et aider les collaborateurs à évoluer avec leur métier.

 Au fond, le débat sur le capital humain en Côte d’Ivoire est en train de changer de nature. Demain, le diplôme restera important. Mais ce qui fera la différence, ce sera la capacité à apprendre, à s’adapter et à répondre aux besoins réels de l’économie. C’est peut-être là que se joue aujourd’hui le véritable défi des RH en Côte d’Ivoire.


Emmanuel DJE BI