Dans un contexte où la compétitivité des nations repose de plus en plus sur la qualité de leur capital humain, la question de la formation des élites s’impose comme un enjeu stratégique majeur pour la Côte d’Ivoire. C’est dans cette dynamique que s’inscrit la présentation de l’ouvrage de Moussa Abdoul Kader Diaby, qui appelle à repenser en profondeur les mécanismes de formation des futurs décideurs du pays.
La cérémonie de
présentation-dédicace de « RÉINVENTER LA FORMATION DES ELITES : Innovation
managériale, excellence académique et capital humain », organisée à l’hôtel
Palm Club de Cocody, jeudi 16 avril 2026, a réuni un public composé
d’universitaires, de décideurs publics et d’acteurs du secteur privé.
L’événement s’est rapidement imposé comme un espace d’échanges sur les
transformations nécessaires du système éducatif ivoirien face aux mutations du
monde contemporain.
À travers cet ouvrage, Dr Moussa Diaby propose une relecture ambitieuse de la notion d’élite. « Une élite ce n’est pas seulement un diplômé. C’est une personne capable de comprendre des enjeux, de prendre des décisions et de transformer la société », a-t-il expliqué. S’appuyant sur son expérience professionnelle et internationale, il défend l’idée d’une réforme structurelle du système de formation, afin de mieux l’aligner sur les réalités économiques et les attentes du marché de l’emploi.
Placée sous le parrainage du
professeur Adama Diawara, Ministre de l’Enseignement supérieur et de la
Recherche scientifique, la cérémonie a également illustré la volonté des
autorités ivoiriennes de faire du capital humain un levier essentiel du
développement. Représentant le ministre, le directeur de cabinet Touré Vamara a
salué l’initiative, soulignant la pertinence de l’ouvrage dans le contexte
actuel de transformation nationale. « L’excellence académique est
essentielle, mais elle doit être complétée par l’innovation, la créativité et
l’engagement », a-t-il affirmé, estimant que cette publication constitue
une contribution importante à la réflexion sur la formation de la jeunesse
ivoirienne.
Au-delà de la dimension éducative, les échanges ont également pris une portée plus large. Représentant les Éditions Expertises Locales, Ange Sahali-Tra Bi a insisté sur la nécessité de produire et diffuser une pensée africaine. « Si nous n’écrivons pas notre propre histoire, d’autres le feront à notre place », a-t-il averti. Dans cette perspective, il a présenté le livre comme un outil d’influence intellectuelle et culturelle, ajoutant que « Publier, c’est programmer l’intelligence de demain ».
L’un des constats majeurs
partagés lors de cette rencontre reste le décalage entre les formations
proposées et les besoins du tissu économique. « Nous faisons face à une
situation paradoxale : des entreprises en quête de compétences et des diplômés
en difficulté d’insertion », a relevé l’auteur. Pour corriger cette
inadéquation, plusieurs pistes ont été avancées, notamment le développement de
la formation en alternance, le renforcement des partenariats entre universités
et entreprises, ainsi que la valorisation de la recherche appliquée.
Dans cette dynamique, le
directeur général de l’INP-HB a plaidé pour une meilleure articulation entre
théorie et pratique : « Le laboratoire doit dialoguer avec l’usine. » Un appel
qui rejoint la vision globale de l’auteur, également soucieux de rapprocher le
monde académique des réalités professionnelles. S’adressant à la jeunesse, il a
par ailleurs encouragé l’audace, la rigueur et l’ambition comme piliers de la
réussite.
Publié par Les Editions Expertise
Locale, l’ouvrage s’appuie sur l’expérience de son auteur pour proposer des
pistes concrètes d’amélioration de la qualité de la formation dans les
institutions d’enseignement supérieur. Structuré en huit chapitres sur près de
200 pages, il analyse notamment le rôle du manager académique dans un
environnement en mutation et formule des recommandations pour adapter les
curricula, renforcer les liens avec les entreprises et promouvoir l’innovation
dans la gouvernance des établissements.
L’auteur insiste également sur la
nécessité d’adopter une approche globale, intégrant tous les niveaux du système
éducatif, de l’enseignement de base au supérieur, tout en mettant en avant la
recherche scientifique comme moteur de développement. En s’appuyant sur
l’exemple de l’INP-HB, reconnu pour le taux d’insertion professionnelle élevé
de ses diplômés, Moussa Abdoul Kader Diaby met en lumière des pratiques
susceptibles d’être étendues à l’échelle nationale, voire sous-régionale.
Emmanuel DJE BI