Pendant
deux jours, les professionnels de la logistique, des achats, des moyens
généraux et du patrimoine ont pris rendez-vous avec l’avenir. Réunis les 18 et
19 juin 2026 à Yamoussoukro à l’occasion de la 11ᵉ édition des Journées
Nationales de la Logistique et des Achats couplées aux Journées Nationales du
Patrimoine et des Moyens Généraux (JNLA-JNPMG), experts, dirigeants et
praticiens ont exploré les promesses de l’intelligence artificielle appliquée
aux fonctions supports.
Placée sous le thème : « Intelligence artificielle et développement durable : réinventer la performance de la logistique, des achats, des moyens généraux et du patrimoine », cette édition a mis en lumière les profondes mutations qui redessinent aujourd’hui les organisations. Le panel inaugural a été dominé par la masterclass de Léonce Gbédjé, Associé-Gérant de BLUEX Consulting, qui a invité les participants à dépasser la fascination technologique. « Le vrai sujet n’est pas l’IA, mais la décision », a-t-il affirmé, soulignant que la valeur de l’intelligence artificielle réside dans sa capacité à améliorer la prise de décision, fiabiliser les données et renforcer le pilotage des organisations. Aux côtés de l’expert, Yacine Keïta et Adama Rahim, de la SONAPIE, ont partagé l’expérience de leur structure en matière de pilotage de la performance durable. Leur témoignage a montré comment les données et les outils numériques contribuent aujourd’hui à optimiser les processus et à améliorer la gestion des ressources.
La
réflexion s’est poursuivie avec Armelle Gnassou, Directrice Data et
Intelligence Artificielle à la CIE, qui a dressé les perspectives des métiers
face à l’IA. Selon elle, l’automatisation des tâches répétitives libérera du
temps pour des activités à plus forte valeur ajoutée, sans pour autant
remplacer les compétences humaines essentielles telles que le leadership, le
jugement ou la créativité.
De
son côté, Armelle N. Koné, experte Supply Chain et Moyens Généraux, a démontré
que l’IA constitue désormais un levier concret de performance durable.
Réduction des consommations, optimisation des ressources, anticipation des
besoins ou maîtrise des coûts : autant d’applications qui permettent aux
organisations de gagner en efficacité tout en renforçant leur responsabilité
environnementale.
Les dimensions humaines de la transformation numérique ont également occupé une place importante lors des travaux. Dans un registre mêlant pédagogie et humour, Ange SAHALI-TRA BI (ASTB), Président-Fondateur du Groupe Expertise Locale, a insisté sur la nécessité d’accompagner les équipes face aux résistances au changement. Pour lui, « conduire le changement, c’est d’abord accepter de se transformer soi-même ». Serj Taigba, coach-formateur en leadership, a appelé les dirigeants à devenir des « leaders transformateurs ». À travers sa méthode A.D.A.P.T.E.R., il a proposé une démarche structurée permettant aux organisations de conduire efficacement leur mutation.
Les dernières communications ont porté sur les enjeux de gouvernance et de cybersécurité liés à l’intelligence artificielle. Roméo Koudou a notamment insisté sur la nécessité de cartographier les usages de l’IA, sécuriser les données, renforcer la gouvernance et maintenir l’humain au cœur des décisions. La masterclass de clôture animée par Léonce Gbédjé a permis de transformer les enseignements des deux journées en recommandations concrètes. Pour lui, « l’IA est un levier, pas une finalité ». L’expert a invité les organisations à construire des feuilles de route réalistes fondées sur les données, la gouvernance, les compétences et la mesure de l’impact.
Au terme des travaux, un consensus s’est dégagé parmi les participants : l’intelligence artificielle ne remplacera pas l’humain, mais elle transformera durablement les métiers de la logistique, des achats, des moyens généraux et du patrimoine. Cette 11ᵉ édition des JNLA-JNPMG aura surtout démontré que la performance de demain reposera sur la capacité des organisations à concilier intelligence artificielle, intelligence humaine et développement durable au service d’une création de valeur responsable et pérenne.