Dans
un contexte où les entreprises cherchent à attirer, engager et fidéliser les
meilleurs talents, la question du capital humain s’impose comme un enjeu
stratégique majeur. Pour José-Félix Dié, Directeur général de CGF Gestion, les
organisations qui investissent dans l’épargne salariale, la protection sociale
et la préparation de l’avenir de leurs collaborateurs créent les conditions
d’une performance durable. Il explique, en marge d’un After Work RH organisé
par son entreprise et placé sous le signe de l’innovation managériale et
patrimoniale, comment la gestion d’actifs peut aujourd’hui devenir un puissant
levier de création de valeur humaine et financière.
CGF
Gestion est historiquement un acteur de la gestion d’actifs. Pourquoi le
capital humain est-il devenu un enjeu stratégique aujourd’hui ?
En
réalité, il n’y a pas de rupture dans notre approche. CGF Gestion a toujours
œuvré dans ce sens. La Sonatel a fondé CGF pour accompagner ses salariés dans
la construction de leur patrimoine. Cet accompagnement repose sur deux piliers
: l'arrêté de complémentaire et l'actionnariat salarial. L’ADN de CGF, c’est
d’aider les entreprises à structurer des dispositifs pour permettre à leurs
salariés de se constituer une épargne, un patrimoine. Notre cœur de métier,
c’est donc l’épargne salariale. Cette dimension stratégique de la gestion du
capital humain constitue notre modèle économique. De fait, sur les 123
milliards de francs CFA d'épargne que nous gérons, la moitié est dédiée aux
plans d’épargne salariale. Voilà pourquoi cet aspect représente l’essentiel de
nos activités, et ce depuis plus de 20 ans.
Assiste-t-on
à un changement de paradigme, où la performance des entreprises passe aussi par
leur capacité à investir autrement dans leurs collaborateurs ?
On
dit souvent que la véritable richesse d’une entreprise réside dans ses hommes
et ses femmes. Ce sont eux qui animent l’entreprise jour après jour. À CGF,
nous sommes convaincus qu’un salarié bien écouté, encadré et accompagné est
beaucoup plus performant. Lorsqu’on travaille dans une entreprise qui prend
soin de votre santé, de votre retraite et de votre patrimoine, on est capable
de donner le meilleur de soi-même et de contribuer pleinement au développement
de l’entreprise. Les entreprises ayant compris l’intérêt d’accompagner leurs
salariés dans la constitution d’un patrimoine à moyen et long terme constatent
un impact réel sur leur performance : la productivité de leurs équipes s’en
trouve optimisée.
Dans
un contexte de guerre des talents, quels défis majeurs rencontrent selon vous
les DRH pour fidéliser leurs collaborateurs ? En quoi les solutions de gestion
d’actifs représentent-elles un levier d’attractivité et de rétention plus
efficace que les dispositifs classiques ?
Lors
du précédent débat, il a été souligné que le coût de rétention d’un salarié et
celui de la gestion des dispositifs d’épargne sont à comparer. Ne pas disposer
de tels dispositifs engendre un coût de remplacement élevé : recrutement,
formation, perte de la mémoire de l’entreprise, indemnités de départ… Tout cela
pèse lourd. À l’inverse, mettre en place un dispositif d’épargne salariale,
avec une contribution limitée de l’entreprise, permet d’accompagner le salarié
tout en ayant un impact bien plus important sur sa fidélisation.
À
mon sens, plutôt que de rechercher des talents sans dispositifs
d’accompagnement, il est préférable de privilégier des solutions à faible coût
mais à fort impact. Sans cela, les entreprises s’exposent à perdre leurs
collaborateurs au profit de concurrents mieux armés.
Comment,
par exemple, la gestion d’actifs peut-elle soutenir cette évolution ?
La
constitution d’une épargne est aujourd’hui confrontée à la faiblesse des
rendements et à la hausse de l’inflation, véritable fléau économique. Une
entreprise qui propose une épargne à ses salariés leur permet de faire face aux
aléas de la vie : coût de la vie, projets personnels, préparation de la
retraite ou événements familiaux. Ce dispositif participe au bien-être des
collaborateurs et devient un facteur distinctif face à la concurrence.
Les
entreprises évoluent dans un environnement très compétitif. Quand un salarié
doit choisir, la différence se joue souvent entre un employeur qui propose une
couverture médicale, un plan d’épargne-retraite et une retraite complémentaire,
et un autre qui se limite au versement du seul salaire. Le choix est vite fait.
Un
cadre doté d’un dispositif complet se sent à l’aise, n’a pas l’intention de
partir, et se projette dans son avenir professionnel. En revanche, dans une
entreprise réduite à un simple versement de salaire, l’engagement est moindre.
L’entreprise, c’est aussi une vie sociale, renforcée quand les conditions de
travail sont favorables. Le plan d’épargne salariale ou le plan
d’épargne-retraite offre ce confort qui permet aux salariés d’exprimer
pleinement leurs compétences.
Comment
ces dispositifs modifient-ils la relation entre les collaborateurs et leur
employeur ?
Un
premier effet, c’est la rassurance. Un salarié bénéficiaire se sent mieux pris
en charge, conscient que son entreprise assume sa responsabilité sociale en
valorisant son capital humain.
Ensuite,
cela confère un confort qui améliore la qualité du travail et la productivité.
Enfin,
ces dispositifs encouragent la projection dans l’avenir. Une entreprise dotée
d’une politique sociale claire et d’un plan de carrière structuré se positionne
comme un partenaire à long terme, accompagnant ses collaborateurs jusqu’à la
retraite.
Pour
nous, ces éléments constituent autant d’atouts pour que les salariés se sentent
bien et puissent travailler sereinement.
Ces
solutions impliquent des enjeux de pédagogie, de transparence et de
gouvernance. Quelles sont, selon vous, les conditions indispensables à leur
réussite ?
Avant
tout, une organisation solide est nécessaire. Mais plus encore, il faut une
vision portée par les managers. Cette vision se traduit en stratégie puis en
actions concrètes. Une entreprise qui se projette ainsi dans l’avenir construit
des dispositifs adaptés à son développement.
Partager
cette vision avec les collaborateurs, instaurer un climat de confiance et
assurer la transparence des processus favorise l’adhésion collective. Lorsque
les salariés comprennent clairement le fonctionnement d’un dispositif, ils y
adhèrent plus facilement. En revanche, le flou génère de la méfiance.
Une
gouvernance claire et transparente garantit la maîtrise opérationnelle et
l'efficacité des dispositifs mis en place.
Quelles
pratiques éviter ?
L’opacité
est à bannir. Personne n’apprécie ce qui manque de clarté. Il faut aussi éviter
d’imposer les dispositifs. L’adhésion doit être collective et volontaire.
Enfin,
ces mesures doivent concerner l’ensemble des collaborateurs, sans favoriser un
groupe au détriment d’un autre.
Quel
rôle peuvent jouer des acteurs comme CGF Gestion dans cette transformation ?
Nous
nous positionnons comme des accompagnateurs, proposant des solutions sur
mesure, adaptées à chaque entreprise. Chez nous, tous les dispositifs sont
uniques, conçus en fonction des besoins, contraintes et spécificités
sectorielles de chaque entreprise.
Pour
les 60 entreprises que nous suivons via des plans d’épargne-retraite, chaque
contrat est individuel et distinct. Notre travail consiste à co-construire
l’offre, à identifier les attentes de l’entreprise et de ses collaborateurs,
afin d’élaborer une convention qui rassemble toutes les parties.
Ainsi,
l’entreprise sait précisément ce qu’elle met en place, comprend, maîtrise et
gouverne le dispositif.
Pour
finir, comment liez-vous la performance financière à la performance humaine ?
Pour
moi, ces deux dimensions sont indissociables. L’essence de la richesse réside
dans les hommes qui la créent.
Une
entreprise qui encadre, forme et entretient ses collaborateurs met toutes les
chances de son côté pour être performante financièrement, opérationnellement,
structurellement et juridiquement. Tout est organisé pour que l’ensemble
fonctionne harmonieusement.
Performance
financière et performance humaine avancent donc de concert, car ce sont les
hommes qui animent les processus, générant ainsi valeur et succès.