La
préparation du futur métro d’Abidjan se joue aussi sur le terrain du capital
humain. Le 22 octobre 2026, au cabinet du ministère de l’Éducation nationale,
de l’Alphabétisation et de l’Enseignement technique (MENAET), à
Abidjan-Plateau, Keolis Côte d’Ivoire et le ministère ont officialisé un
partenariat destiné à préparer les jeunes Ivoiriens aux métiers du transport
urbain et ferroviaire. Conclue pour cinq ans, renouvelables d’un commun accord,
la convention entend faire de la montée en compétences un levier de réussite du
projet de mobilité et surtout rapprocher la formation professionnelle des
besoins du futur métro d’Abidjan. Au-delà de la préparation à son exploitation,
cet accord ambitionne de développer les compétences locales et de faciliter
l’insertion professionnelle des jeunes.
L’exploitation
et la maintenance de la future Ligne 1 du métro d’Abidjan nécessiteront des
profils qualifiés, capables de répondre aux exigences techniques et aux
impératifs de sécurité propres au transport ferroviaire. Pour les partenaires,
l’enjeu consiste donc à anticiper les besoins en ressources humaines et à
préparer progressivement les compétences nécessaires au fonctionnement du
réseau. Le ministre N’Guessan Koffi a, d’ailleurs, rappelé que les discussions
autour de ce partenariat avaient commencé plus d’un an auparavant. Initialement
envisagée, la création d’établissements de formation spécifiques a
progressivement laissé place à une approche privilégiant l’intégration de nouvelles
filières dans des établissements existants. « Nous allons ajuster la
formation des jeunes pour faire face à tous ces métiers nouveaux. Dans trois
ans, nous aurons des jeunes qui auront des métiers », a assuré le ministre.
Le
partenariat s’articule autour de trois axes : le développement des compétences,
la sensibilisation aux métiers et aux enjeux de la mobilité urbaine et
ferroviaire, ainsi que l’accès aux stages et aux opportunités d’emploi.
Dans
ce cadre, le MENAET mobilisera ses équipes pédagogiques, contribuera à faire
connaître les métiers du transport et proposera des profils correspondant aux
besoins de recrutement exprimés par Keolis Côte d’Ivoire. Cette dernière
apportera, pour sa part, son expertise technique, participera au renforcement
des compétences des équipes pédagogiques et accompagnera la mise en œuvre des
actions prévues. Keolis Côte d’Ivoire entend également faciliter l’accès des
jeunes à des stages et, en fonction de ses besoins, à des possibilités de
recrutement.
Pour
Keolis, le transfert de savoir-faire est au cœur de l’ambition. En effet,
selon l’entreprise, la réussite du métro ne dépend pas uniquement de la
performance des infrastructures et des systèmes techniques. Elle repose aussi
sur la capacité à former les femmes et les hommes qui assureront son
fonctionnement au quotidien. « Des centaines d’Abidjanais vont prendre le
métro au quotidien. C’est un grand challenge. C’est une série de métiers
nouveaux qu’il va falloir créer », a souligné Clément Michel, avant d’également
insister sur les perspectives offertes par l’ingénierie de formation et la
formation des formateurs, avec pour objectif de permettre à la Côte d’Ivoire de
développer son autonomie et de garantir la durabilité du système. Cette
ambition rejoint celle exprimée par Paulin Murhula, directeur général de Keolis
Côte d’Ivoire, dans le communiqué de l’entreprise. « Préparer l’arrivée du
métro d’Abidjan, c’est aussi préparer les femmes et les hommes qui le feront
vivre », explique-t-il, soulignant que l’engagement de l’entreprise dépasse
ses seuls besoins de recrutement pour contribuer au développement d’une filière
de formation en Côte d’Ivoire.
Notons
que la cérémonie s’est déroulée sous la présidence du ministre N’Guessan Koffi,
en présence du ministre délégué chargé de l’Enseignement technique, Jean-Louis
Moulot, et de Clément Michel, représentant la direction du groupe Keolis. La
convention a été signée par Jean-Louis Moulot et Paulin Murhula, directeur
général de Keolis Côte d’Ivoire.