22-10-2026
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Rentrée solennelle 2026-2027 DE L’INP-HB : 30 ans d’excellence, une nouvelle génération à l’épreuve de l’intelligence artificielle

Trente ans après sa création, l’Institut National Polytechnique Félix Houphouët-Boigny (INP-HB) entend inscrire son avenir dans la maîtrise des nouvelles technologies. À l’occasion de sa rentrée solennelle académique 2026-2027, organisée le lundi 12 octobre 2026, l’établissement a placé l’intelligence artificielle au cœur de sa réflexion. Entre ambition nationale, évolution pédagogique et responsabilité humaine, le message est clair : former des talents capables non seulement d’utiliser l’IA, mais surtout de concevoir des solutions adaptées aux réalités africaines.

Trente ans après sa création, l’INP-HB ne se contente pas de célébrer le chemin parcouru. L’institution entend surtout réaffirmer son rôle dans la formation des compétences qui façonneront l’avenir de la Côte d’Ivoire. La rentrée solennelle académique 2026-2027, couplée au lancement des festivités de son trentenaire, a ainsi pris les allures d’un rendez-vous entre mémoire, ambition et prospective.

Placée sous le thème « L’INP-HB 30 ans après : former, innover et produire dans l’excellence à l’ère de l’intelligence artificielle », cette double cérémonie a mis en lumière un enjeu majeur : adapter la formation des ingénieurs, des techniciens supérieurs et des cadres aux mutations technologiques, tout en maintenant les exigences d’excellence qui fondent la réputation de l’établissement.


Conférencier de cette rentrée, le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara, a invité les étudiants à considérer la révolution de l’intelligence artificielle comme une opportunité à saisir pour l’Afrique et la Côte d’Ivoire. Pour lui, « la jeunesse constitue une force centrale pour concevoir des usages et des solutions répondant aux besoins des populations. Mais cette ambition suppose de ne pas céder à la facilité. Utiliser les outils d’intelligence artificielle ne dispense ni de réfléchir ni de vérifier ». Le ministre a insisté sur la nécessité de bâtir des connaissances solides, d’apprendre continuellement et d’exercer son discernement face aux résultats produits par ces technologies. « Car une solution performante sur le plan technique n’est pas nécessairement pertinente sur le terrain. Sa valeur dépend notamment de la qualité des données, de son adéquation aux réalités locales et des besoins auxquels elle répond ». Puis il a rassuré en ces termes : « Le gouvernement prépare le terrain », tout en rappelant que la transformation numérique repose également sur l’engagement de la jeunesse. « Les algorithmes ne portant ni conscience nationale ni sens de l’intérêt général, les étudiants sont appelés à dépasser le statut d’utilisateurs pour devenir de véritables concepteurs de solutions, guidés par la rigueur et le souci de l’impact collectif », a-t-il lancé comme appel. Un message qui résonne particulièrement dans un contexte où la maîtrise des technologies devient un enjeu de souveraineté, de compétitivité et de développement.


Le représentant du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Vamara Touré, chef de cabinet, a replacé cette réflexion dans la trajectoire des trente années de l’institution. « « Trente années de formation, trente années de recherche, trente années d’innovation » : cette formule résume le chemin parcouru tout en ouvrant la réflexion sur les défis à venir ». « À l’ère de l’intelligence artificielle, l’excellence académique exige désormais une évolution profonde des méthodes d’enseignement. Repenser la pédagogie, développer les compétences numériques, consolider la culture scientifique et favoriser l’interdisciplinarité apparaissent comme autant de leviers pour préparer les étudiants aux métiers de demain », a préconisé le chef de cabinet. Avant de faire cette précision « Pour autant, la performance technologique ne saurait constituer une finalité en soi. Si l’IA peut calculer, prédire, générer ou optimiser, il revient toujours à l’être humain de définir les objectifs, d’apprécier les résultats et d’assumer les conséquences de ses décisions. Le jugement, la créativité, l’éthique et la responsabilité doivent donc rester au cœur de la formation ». L’enjeu pour l’INP-HB est ainsi de former des professionnels capables de maîtriser ces outils avec autonomie, plutôt que de dépendre de leurs résultats sans esprit critique.

Prenant la parole devant la communauté académique, le directeur général de l’INP-HB, Dr Moussa Diaby, a donné une orientation claire à cette nouvelle année universitaire : voir grand, oser et se préparer à relever les défis d’un pays en pleine transformation.


Son appel à « ne pas penser petit » résonne comme une invitation adressée aux étudiants à dépasser les limites de leurs ambitions individuelles. Pour le premier responsable de l’institution, « la formation ne saurait se réduire à l’obtention d’un diplôme. Elle doit également préparer des femmes et des hommes capables de prendre des initiatives, de porter des projets structurants et de contribuer durablement au développement national ». Ce message rejoint le défi central posé par cette rentrée : faire de la formation scientifique et technologique un levier de création de valeur, d’innovation et de développement. « Dans un environnement où les entreprises et les économies doivent s’adapter rapidement, le pays a besoin de compétences capables de comprendre les mutations, d’anticiper les évolutions et de transformer les connaissances en réponses concrètes », a exhorté Dr Moussa Diaby.

Le trentenaire de l’INP-HB dépasse ainsi la célébration d’un parcours institutionnel. Il constitue une occasion de réaffirmer la contribution de l’établissement à la compétitivité nationale et de projeter son modèle de formation dans une nouvelle ère technologique. Le cap est posé : à l’ère de l’intelligence artificielle, l’excellence ne se mesurera pas seulement à la capacité de maîtriser la technologie, mais aussi à celle de l’utiliser avec discernement pour répondre aux besoins des populations. Pour l’INP-HB et sa nouvelle génération d’étudiants, le défi est désormais de passer de l’apprentissage à l’innovation, et de l’innovation à des solutions utiles au développement de la Côte d’Ivoire.